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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 14:18

La chapelle de l’hôpital de Cavaillon et l’église de Cheval-Blanc ont en commun de posséder des peintures murales figuratives réalisées par l’abbé Marcel Roy vers le milieu du XXe siècle, peintures qui, par le plus grand des hasards, font aujourd’hui l’objet de projets de restauration.

La chapelle de l’hôpital fut construite en même temps que l’établissement hospitalier inauguré en 1907. Elle comprend une nef séparée du chœur par un arc triomphal sur le haut duquel est peinte en grisaille sur un fond sombre la montée du Christ au calvaire, tombant sous le poids de la croix que deux hommes l’aident à porter. A l’arrière plan, un cavalier tenant une lance contemple la scène. Sur la gauche, trois femmes de profil dont deux agenouillées tendent les bras vers le Christ. A droite, deux hommes lui jettent des pierres qu’ils tiennent dans la main. Une inscription (« avec lui » et « en lui »), sous chacun des groupes.

L’église de Cheval-Blanc fut à l’origine une chapelle rurale édifiée vers 1650, élevée au rang d’église paroissiale en 1744 puis peu à peu agrandie et dotée d’un clocher en 1851. Sur l’abside du chœur, entre deux fenêtres ornées de vitraux, une peinture représente le titulaire de l’église, saint Paul, terrassé sur le chemin de Damas, genoux à terre, lâchant de la main droite les guides de son cheval qui se cabre. Au-dessus, le Christ en gloire, peint dans une mandorle, entouré des symboles des évangélistes. Deux grandes frises partent du sol jusqu’à la voûte, dont une sur l’intrados de l’arc triomphal. Une frise horizontale est peinte à hauteur d’homme sur le soubassement du chœur. Ces figures sont peintes en camaïeu de jaune et de marron sur un fond beige clair.

L’auteur de ces peintures murales et leur date de réalisation nous sont connus pour Cheval-Blanc grâce à une feuille paroissiale écrite par l’abbé Vallien, curé de ce village, en 1947, dans laquelle il donne la chronologie des transformations qu’il apporta à l’église (1946 : décoration du sanctuaire, 1947 : édification d’un nouvel autel) et une lettre de remerciements adressée aux généreux souscripteurs.

Quant à Cavaillon, la chapelle de l’hôpital figure dans la liste des œuvres de l’abbé Roy dressée à l’occasion d’une exposition à Avignon en 2000, sans mention de la date d’exécution. Il est possible que ces peintures aient été faites pendant son séjour à Cavaillon (1943-1947), ou lors de la construction de la chapelle Sainte-Bernadette dont il réalisa les vitraux (1960).

 

Le catalogue de cette exposition nous donne quelques notes succinctes sur la vie et l’œuvre de l’abbé Marcel Roy (1). Né le 5 avril 1914 à Avignon, il entre à l’école des Beaux-Arts de cette ville et prolonge ses études à l’Académie de Bruxelles, puis exerce le métier de peintre décorateur.

Sous l’occupation allemande, il s’engage dans l’équipe des cahiers de Témoignage Chrétien, mouvement clandestin de résistance de 1941 à 1944. Il entre au grand séminaire d’Avignon et est ordonné prêtre en 1943, avec une première fonction de vicaire à Cavaillon d’octobre 1943 à juillet 1947.

Nommé en 1951 aumônier du Pensionnat des Frères des Ecoles Chrétiennes, il est mis en 1957 à la disposition du petit séminaire. Il est délégué à la culture en 1982. Il décède le 15 juin 1987.

L’art monumental tient une grande place dans l’œuvre de l’abbé Roy :

- peintures murales au petit séminaire d’Avignon, chapelle du couvent de l’Immaculée Conception, Notre Dame de Lumière, maison des prêtres de Béthanie ;
- vitraux des églises du Sacré-Cœur et de Saint-Joseph à Avignon, Notre-Dame de la vigne à Cairanne, chapelles de la clinique Masquin, du Mont Serein, du séminaire Saint-Roch à Montpellier, etc.

L’archevêché d’Avignon possède plusieurs tableaux peints par l’abbé Roy. Il participa à de nombreuses expositions, dont le Salon International d’Art sacré à Paris en 1983, et exposa à la Chapelle du Grand Couvent à Cavaillon en 1977.

Prêtre et artiste, l’abbé Roy confiait à une revue en 1987 : « Quand je peins, je crée quelque chose de nouveau, mais il n’y en a qu’un qui est créateur, c’est Dieu… alors en créant, je conjugue le Verbe et mon action devient divine ».

Il faut souhaiter que la restauration des peintures murales de Cavaillon et Cheval-Blanc soit une occasion de redécouvrir ce prêtre et artiste exceptionnel que fut l’abbé Marcel Roy. Ses peintures sont de plus les seules peintures religieuses faites à Cavaillon et Cheval-Blanc au XXe siècle.

(1) « L’art religieux au XXe siècle en Avignon, chapelle de l’Oratoire, 7-17 septembre 2000 »

Raymond Escoffier

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