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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 12:21

Par Jean-Claude Pieri                                                1e partie  2e partie  3e partie

 

Depuis 1936, les différents groupes folkloriques et musicaux de la Commune Libre prêtent leur concours aux défilés du Corso de Cavaillon. Au mois de mai 1952, à l’occasion de la vingt-et-unième édition de la cavalcade, elle présente le char « Hommage à Castil-Blaze », construit par Ange Zaccarelli, sur lequel a pris place Marie-Thérèse Cerutti, la Miss de l’année 1951. La phalange des Bigophonistes et la brigade des Sapeurs Pompiers l’escortent dans son périple citadin. Ce sera la dernière participation de l’association à cette grande tradition cavaillonnaise.

 

char.jpg

marie-therese-cerrutti.jpg

Le char de la Commune Libre

Marie-Thérèse Cerutti

(Ph. Coll. MT Gobert)

 

    9/ 1953 : LA FÊTE EST FINIE !  ♦

 

Depuis 1947, malgré la popularité et le succès de ses fêtes, la Commune Libre doit faire face à de nombreux problèmes d’ordre administratif.

L’année précédente, Clément Cespo quitte Cavaillon pour s’installer à Valence et Paul Dublé décède brutalement.

Jean Louet s’implique de plus en plus dans le nouveau comité des fêtes de la ville, aux dépens de celui de la Commune et délaisse quelque peu son poste de directeur général du « Le Petit Castil-Blaze ».

Le journal, également confronté à des problèmes techniques et financiers posés par les défections des annonceurs et les exigences de l’imprimeur est contraint de cesser sa publication à partir de 1951.

En 1953, certains membres du conseil municipal et du comité des fêtes affichent une évidente lassitude devant une gestion devenue pesante et mobilisatrice à leur gré. En outre, depuis quelques temps, la santé du maire est déficiente et sa participation aux séances de travail devient sporadique. Après maintes réflexions et discussions, la décision est donc prise de prononcer la mise en sommeil de l’association dès la fin des festivités.

Ainsi, au soir du 6 juillet 1953, les lampions de la fête s’éteignent définitivement sur l’une des manifestations les plus populaires de son époque dans la ville et dans la région. Le décès de Claude Maréchal quelques semaines plus tard, scelle à jamais l’étonnante épopée de la Commune Libre de Castil-Blaze.

 

Dans les années 1960 et 1970, d’autres associations de quartiers essaieront de perpétuer ces fêtes si populaires et conviviales (La Clède, Saint-Martin, La Gare, etc.). En 1991, la jeune Commune Libre de Cabassole commence à animer le quartier situé autour de la cathédrale Saint-Véran.

Aucune de ces festivités ne connut la notoriété et l’éclat de celles de Castil-Blaze. Victimes des modifications profondes de la société et des changements de mentalité, elles se sont étiolées au fil des ans pour finalement disparaître. Il en fut ainsi de la place Castil-Blaze, de ses festivités et de ses activités commerciales. Tout cela appartient désormais au passé du quartier et à celui de la ville.

Imperturbable au sommet de son socle de pierre, à l’ombre des platanes vénérables, le Félibre veille encore sur sa place. Laissons-lui le mot de la fin :


« C'est une chose bien bouffonne que la vie. Voilà plus de septante ans que je m'en amuse et je ne suis pas disposé à cesser d'en rire ! » (1855) 

 

  10/ ÉPILOGUE : SOUVENIRS, SOUVENIRS...

 

Le samedi 14 avril dernier, l’association Kabellion organisait une conférence au cours de laquelle Jean Giroud et moi-même, présentions notre ouvrage « Castil-Blaze, histoire d’un quartier ».

Un diaporama évoqua successivement l’histoire de cette place, la généalogie de la famille Blaze et de son plus illustre descendant Castil Blaze. La dernière partie fut consacrée à l’évocation de la Commune Libre et à ses festivités.

Dans l’assistance, se trouvaient cinq personnalités qui participèrent à ces fêtes délirantes et qui, l’espace d’un instant, ont fait ressurgir pour tous les spectateurs présents un passé plein d’émotion et de nostalgie.

Il est émouvant de constater, qu’au-delà des années, ces personnes cultivent encore entre elles une amitié intacte et profonde. Leur sourire et leur bonne humeur donnent plus que jamais l’envie de continuer la fête. La vraie fête !

 

invites.jpg

Les invités (Ph. R. Escoffier)

 

Au premier rang, de gauche à droite : Gaby Gonin, Bigophoniste et bouliste ; Marie-Thérèse Cerutti-Gobert, Miss CB 1951 ; Andrée Ferracci-Pizoird, Miss CB 1949 ; Pierre Louet, fils de Jean Louet et patineur ; Jeannine Maréchal-Crouzet, Miss CB 1953.

 

© Jean-Claude Pieri

Avril 2012

 

Crédits photographiques. Sauf indication spéciale, toutes les photographies de cette suite d’articles sont tirées du journal « Le Petit Castil-Blaze » et sont l’œuvre de Jacques Chardon.

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Published by Kabellion - dans Articles
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