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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 17:23

En 1794, la confrérie des Jardiniers de Cavaillon, vouée à Sainte-Marie-Madeleine, cesse toute activité. C’est 40 ans plus tard, en 1834, qu’apparaissent les premières traces de sa probable « héritière naturelle » : la confrérie de Saint-Eloi.

 

Prieurs et confrères

 

Au commencement, la confrérie compte 6 prieurs (2 par quartier : Cabedan, le Grès plus la ville, le Plan), assistés d’un trésorier, ce conseil étant présidé par le curé de la paroisse. Dix ans plus tard, en 1844, elle édicte ses premiers statuts qu’elle fait peindre sur un « grand tableau », dans la chapelle dédiée au saint, à la cathédrale.


la-confrerie-de-saint-eloi-01.JPG Les prieurs de Saint-Eloi siègent au banc de l’œuvre et quêtent après l’office. A l’approche de la fête, ils  organisent une quête itinérante à travers ville et terroir : quête en nature (blé et cocons) et en argent (vente de pains bénis et, à partir de 1870, d’images imprimées à l’effigie du saint). Les prieurs ont en charge l’entretien et l’embellissement de la chapelle, ainsi que l’organisation de la fête, le 30 juin, jour de la saint-Eloi. Les fonds en excédent après la fête sont versés à la Caisse d’Epargne et destinés à parfaire la décoration de la chapelle. Celle-ci sera dotée d’un autel au beau décor d’outils agricoles et de produits qui font alors la richesse du terroir : melon bien sûr, vigne, artichauts et, moins attendus, chardons cardères.

 

la-confrerie-de-saint-eloi-02.JPGDe plus, la confrérie acquiert une bannière (la « bandiere ») de procession, des chandeliers d’albâtre, fait réaliser une statue du saint en bois doré, et, plus quotidiennement, fleurit et illumine son autel.


La fête de Saint-Eloi à Cavaillon


Si l’existence d’une charrette est attestée dès 1835, on possède peu de détails sur sa décoration ou son parcours. On peut supposer que les prieurs y prenaient place avec la statue du saint et sa bannière.

 

Cette charrette, probablement garnie de végétaux et fruits du terroir, était tirée par un ou plusieurs chevaux de trait. Accompagnée d’un tambour et de musiciens, elle devait effectuer un tour de ville, avec un arrêt devant la cathédrale où se célébrait la messe. A l’issue de celle-ci, les pains bénis (pains au sucre pour les hommes mais pains grossiers pour les bêtes de somme, censés protéger ces dernières des maladies) étaient distribués sous le cloître. En début ou en fin de cortège, on faisait « tirer les boîtes » par le pétardier. Enfin, un dîner réunissait les confrères.

 

la-confrerie-de-saint-eloi-03.JPGJusqu’en 1851, deux ou trois bals étaient organisés et financés par la confrérie : l’un en ville et le ou les deux autres en campagne (à Cabedan et au Plan). Parfois même, l’un de jour, l’autre de nuit. Après une interruption de quelques années (dont on ne connaît pas la cause), la confrérie est rétablie en 1858 selon des règles fermement suggérées par le curé et toutes centrées sur la fête religieuse : les prieurs s’engagent ainsi « à ne plus contribuer en rien à la fête profane et, par conséquent, à n’organiser ni ne favoriser aucun bal. » La suppression de la fête populaire sonna-t-elle le glas de la confrérie ? Les traces de son existence s’amenuisent pour finalement disparaître en 1883.

 

Archives municipales de Cavaillon

Source : Archives départementales du Vaucluse

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 17:18

La cathédrale de Cavaillon, édifice classé Monument Historique, fait depuis plusieurs années l’objet de travaux de restauration réalisés sous la direction de l’Architecte en Chef des Monuments Historiques pour les interventions lourdes (toiture) ou de l’Architecte des Bâtiments de France pour les travaux d’entretien.


La programmation de ce dernier type d’intervention a donné lieu à une courte étude archéologique sur l’ancienne chapelle de l’évêque effectuée le 25 janvier 2007 par le Service d’Archéologie du Département de Vaucluse, à la demande du Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine. L’objectif était de comprendre l’évolution architecturale de cette pièce entre le XIIe s. et le XVIIIe s. et d’évaluer l’importance d’un éventuel décor peint sur les murs et de différents aménagements mobiliers aujourd’hui disparus.


L’étude conduite préalablement à des travaux de restauration apporte des données essentielles qui nous font entrevoir un bâtiment antérieur à cette chapelle des XVIIe-XVIIIe s. Ainsi, quelques sondages et observations attentives permettent de s’interroger sur l’architecture et la fonction d’un corps de bâtiment médiéval placé à l’ouest du cloître, perpendiculairement à la cathédrale. C’est une découverte de premier plan, semble-t-il, qui complète notre perception de la topographie du groupe épiscopal de Cavaillon.


Description des lieux


La chapelle de l’évêque est située au sud de la troisième travée de la nef. A l’ouest se trouve la chapelle du Rosaire et à l’est la galerie orientale du cloître. La chapelle est placée à l’étage et forme ainsi une tribune dominant la nef et bordée d’une large balustrade. En dessous, un passage couvert de voûtes d’arêtes donne accès au cloître et à une chapelle latérale (dite chapelle d’Hiver) placée à l’extrémité méridionale.

 

La chapelle de l’évêque s’inscrit dans un plan rectangulaire de 9,80 par 4,75 m et est aménagée entre deux contreforts de la nef romane prolongée par des murs plus étroits. La pièce est couverte d’un plafond en plâtre situé à 5,20 m du sol en carreaux de terre cuite. Le plafond est simplement agrémenté d’une double corniche en plâtre disposée sur la partie sommitale des murs. Le mur sud est percé en partie supérieure d’une large fenêtre couverte d’un arc en anse de panier. La disposition haute de cette fenêtre dont les moulures en plâtre épousent la forme, est liée à la présence d’un autel et de son encadrement architecturé.

 

De chaque côté de l’autel, actuellement en restauration, sont placées des demi-colonnes cannelées et jumelées. Elles reposent sur un socle et sont couronnées de chapiteaux corinthiens supportant une architrave sur laquelle se développe la corniche en plâtre. Ce décor du retable est réalisé avec une pierre de taille de couleur blanche à grain fin de type Pernes-Velleron. Le vaste espace laissé libre entre l’autel et la fenêtre devait accueillir un tableau de grande taille.

 

Le mur oriental est percé d’une porte rectangulaire accédant aux toitures du cloître. L’encadrement de cette porte a été complètement cimenté, probablement dans les années 1950, lorsque l’on a obturé et enduit grossièrement un renfoncement du mur. Cet aménagement large de 4 m et haut de 3 m prend la forme d’un grand arc surbaissé, peut-être couvert d’un linteau, car aucun claveau ne semble apparaître sous l’enduit. Dans ce mur ont été effectués la plupart des sondages sur lesquels nous reviendrons.

 

Le mur occidental est percé d’un arc en plein cintre clavé qui participe au décor de la chapelle du Rosaire située à côté. L’arc abrite une baie rectangulaire à claire-voie aux menuiseries du XVIIIe s. qui s’appuie sur une balustrade en plâtre. Au-dessus de la baie, on remarque la disparition d’un petit plafond en lattis plâtré ; cette démolition permet de visualiser l’arrière du coffrage du décor en plâtre de la chapelle du Rosaire et en particulier des éléments d’un décor peint antérieur, réutilisés comme simples matériaux de construction par les gypsiers du XVIIIe s.

 

La partie nord de la pièce ouvre sur la nef par le biais de deux arcs juxtaposés. Le premier, en plein cintre, est une arcature aveugle de la nef romane percée pour l’aménagement de la tribune. Cet arc couvert de grandes marques lapidaires, est prolongé vers le sud par une maçonnerie plâtrée qui précède un second arc bien différent. C’est un arc brisé, large d’environ 4,40 m, construit en pierre de taille dont une comporte une petite marque lapidaire. L’arête de l’arc est constituée de plâtre destiné à rectifier la profondeur des pierres. Il apparaît qu’il s’agit d’un arc façonné à partir des vestiges d’une voûte en berceau brisé sectionnée dans l’alignement du mur de la nef.

 

Pour compléter cette description de ce côté de la chapelle de l’évêque, on peut noter la présence d’une balustrade en pierre servant de garde-corps et de deux cartouches blasonnés. L’un se situe sous l’arc donnant sur la nef et est frappé des armes de l’évêque Joseph Guyon de Crochans (1709-1742). Ces armes, écartelé au 1 et 4 d’argent à la fasce d’azur accompagnée au-dessus et au-dessous de 4 burelles de geules ; au 2 et 3 d’argent à la bande de geules chargée de trois croissants d’argent, semblent être une composition du XIXe s. consécutive à l’ornementation de la nef par le peintre Seguin, vers 1860. Le blason est entouré de 20 glands - attributs réservés aux archevêques - qui sont systématiquement représentés dans les peintures du XIXe s. des armoiries des évêques de Cavaillon.

 

Un autre blason, placé dans un cartouche situé au-dessus de la retombée ouest de l’arc, semble plus authentique. Celui-ci est surmonté du chapeau vert de l’évêque et est bordé de 12 glands ; le blason est peut-être l’original de l’évêque Guyon de Crochans puisqu’il est frappé d’argent à la fasce d’azur accompagnée au-dessus et au-dessous de 4 burelles ondées de gueules, symboles héraldiques probables de la famille de Guyon que l’on retrouve sur le blason du XIXe s.

 

Analyse architecturale


Quelques sondages dans les murs, en particulier dans le mur est, ont apporté des informations de premier plan pour comprendre l’évolution de ce corps de bâtiment relié à la nef de la cathédrale. Sur la surface sondée, aucune peinture n’a été repérée à l’exception d’un badigeon gris uniforme ; les maçonneries ont donc pu être étudiées par le biais de ces sondages. A l’est, le contrefort roman est apparu partiellement et a livré quelques assises de pierre de taille ainsi que son extrémité. A mi-hauteur, le parement de pierre avait été détruit et remplacé par une maçonnerie irrégulière.


Le début de cette rupture dans l’élévation du contrefort correspondait parfaitement avec le départ de l’arc brisé ouvrant sur la nef. Cette observation permet de préciser que l’arc se développait vers le sud et retombait sur le contrefort ainsi que sur un mur placé dans son prolongement. En conséquence, il ne s’agit pas d’un arc mais d’une voûte retaillée à l’aplomb du parement extérieur du mur de la nef. Une autre observation permet d’appuyer cette hypothèse car l’arc brisé est rectifié par une maçonnerie de plâtre qui complète l’espace manquant lié à l’enlèvement de certaines pierres de la voûte d’origine. Malheureusement, les sondages n’ont pas permis de retrouver d’autres traces d’accroche de la voûte sur les murs. On peut expliquer ce constat par une reconstruction totale de la pièce lors de l’aménagement de la chapelle de l’évêque.

 

La découverte d’une voûte médiévale antérieure à la chapelle permet de retracer l’évolution, entre le Moyen-Âge et l’époque moderne, de cet espace situé à l’angle de la cathédrale et du cloître. Au XIIe s., il est probable que l’emplacement de la chapelle de l’évêque ait été extérieur, dans une cour en bordure du cloître. On peut aisément restituer l’élévation du pan de mur de cette travée de la cathédrale, aujourd’hui largement ouvert. Le mur gouttereau devait être à l’intérieur épaulé par une arcature aveugle à deux rouleaux dont seul le premier subsiste. Le mur était peut-être percé d’une fenêtre ; une hypothèse acceptable puisqu'aucune fenêtre romane n’est conservée dans la cathédrale, suite au percement de multiples chapelles latérales.

 

A l’extérieur, la nef était contrebutée par deux contreforts dont l’extrémité est décorée d’une lésène. Le contrefort placé à l’ouest, pouvait être, en partie basse, compris dans le mur du cloître si celui-ci a été construit simultanément. Plus tard, peut-être entre les XIIIe et XIVe s., l’espace est couvert d’une voûte en berceau brisé abritant un bâtiment rectangulaire placé perpendiculairement à la nef, dans le prolongement des deux contreforts. La datation suggérée se fonde sur une marque lapidaire en forme de triangle et de petites dimensions que l’on utilisait communément sur des chantiers de cette période.

 

Le plan de cette pièce n’est pas certain ; néanmoins il est fort probable qu’elle s’étendait tout le long du cloître jusqu’à l’angle de l’église Saint-Pierre (cour de l’école maternelle). Plusieurs indices viennent épauler cette hypothèse. Au rez-de-chaussée, on observe dans le cloître, outre un enfeu gothique, les vestiges d’une porte de style comparable, couverte d’un arc en tiers-point avec une série de voussures ; ces vestiges sont englobés dans la porte actuelle d’accès à la cathédrale. A l’intérieur de la chapelle d’hiver, on perçoit également deux arcs surbaissés et chanfreinés qui pouvaient éventuellement avoir une fonction d’enfeu.

 

Dès lors, l’espace était bel et bien occupé autour des XIIIe et XIVe s. mais peut-être divisé en plusieurs pièces et deux niveaux séparés par un plancher. La voûte en berceau brisé est généralement choisie au XIIIe-XIVe s. pour de longues pièces ; par exemple au Petit-Palais d’Avignon au XIVe s. C’est la raison pour laquelle la restitution de la voûte sur l’ensemble de ce bâtiment rectangulaire est probable. A l’étage, la pièce ainsi voûtée donnait sur la nef de l’église. La position de cette voûte par rapport à une arcature aveugle romane restituée à deux rouleaux ne laisse aucune place au mur gouttereau. Par conséquent, cette pièce voûtée faisait déjà fonction de tribune et pouvait s’inscrire dans l’arcature romane intégralement conservée à cette période.On ne peut restituer d’ouverture à cette pièce mais les sondages ont apporté le jambage nord d’une petite porte rectangulaire percée en biais dans l’extrémité du contrefort. On retrouve à l’extérieur les traces de cette porte associée à une petite niche taillée dans le contrefort. Il est possible que cet accès ait fonctionné lorsque la voûte était encore en place. Dans ces conditions, il parait évident qu’un accès existait sur le toit du cloître qui reliait la pièce aux bâtiments canoniaux. Des travaux d’envergure sont effectués au tournant des XVII et XVIIIe s. On sait par le livre de raison du chanoine de Grasse, publié par Frédéric Meyer, que l’évêque Jean-Baptiste de Sade fait d’importantes transformations dans la cathédrale. En 1681, il fait couvrir l’entrée dans la cathédrale, qui se fait par le cloître, par un auvent et fait embellir « sa chapelle d’hiver », située au premier étage d’un vestibule, par une balustrade en pierre donnant sur la nef. Puis il la fait relier à la tribune de ses appartements d’où il peut entendre la messe chantée par les chanoines. Quelques commentaires s’imposent par la mise en perspective de ce texte et des observations architecturales.

 

Le auvent doit être interprété comme l’espace couvert de deux voûtes d’arêtes qui effectivement relient toujours la cathédrale au cloître. Ce type de voûte est parfaitement conforme à une réalisation de la fin du XVIIe s. On apprend ensuite que l’évêque utilise cette chapelle en saison hivernale et qu’il fait construire la balustrade. C’est probablement celle que l’on connaît encore aujourd’hui et qui s’appuie sur l’arc d’entrée de cet "auvent".

 

Enfin, on apprend qu’il fait relier l’ensemble à sa propre tribune et jusque dans ses appartements ; entreprise qui suppose l’édification d’un long corridor jusqu’au palais épiscopal, cheminant peut-être sur la façade de l’église Saint-Pierre.

 

Il est certain que l’évêque de Sade a entrepris de gros travaux dans ce secteur de la cathédrale. Mais on parle simplement d’embellissement et on note la construction de la balustrade dans « sa chapelle d’hiver ». Si le décor du retable et l’aménagement de la chapelle dans son aspect actuel peuvent lui être attribués, on ne peut que s’étonner qu’il n’existe aucune mention de ces travaux dans les écrits du chanoine de Grasse ; ceci d’autant plus qu’ils ont nécessité la démolition de la voûte antérieure et la reconstruction des murs latéraux. C’est peut-être une omission car la pose des voûtes d’arêtes semble liée à l’édification du mur sud de la chapelle de l’évêque, placé sur le même alignement. Dès lors, le terme « d’embellissement » pourrait englober toutes ces transformations, aussi importantes soient-elles.

 

La présence des armes du successeur de Monseigneur de Sade, sur le côté gauche de l’arc de la tribune, pourrait a contrario, signifier que celui-ci a achevé les travaux ou largement reconstruit la partie supérieure de ce corps de bâtiment. Une chose est sûre : au début du XVIIIe s., la chapelle de l’évêque a pratiquement l’aspect que l’on connaît aujourd’hui. La démolition de la voûte médiévale a nécessité la reconstruction totale des murs situés dans le prolongement des contreforts romans. Celui situé à l’ouest a même été complètement restructuré car une grande partie du parement de pierre de taille fut détruit à cette occasion. On peut éventuellement expliquer cette transformation par un mauvais état de la maçonnerie médiévale : on constate en effet sur quelques blocs subsistants des traces de rubéfaction profonde qui attestent que le mur a subi un feu intense à cet endroit. Ces traces pourraient être celles d’un incendie provoqué par les troupes protestantes du baron des Adrets en 1562.

 

L’accès de la chapelle est modifié lors de ces grands travaux. Il s’effectue toujours au-dessus du cloître mais la porte est transformée : on obture l’ancienne ouverture biaise taillée dans le contrefort roman et on édifie une nouvelle porte plâtrée dont le jambage a été retrouvé lors d’un sondage. A la fin du XVIIIe s., la chapelle de l’Evêque est une dernière fois modifiée consécutivement à la construction de la chapelle du Rosaire, située à l’ouest et attribuée à Jean-Baptiste Péru II. Pour les besoins de l’édification de la coupole et dans un souci de préservation de la symétrie de cet ensemble architectural, on ouvre un grand arc en plein cintre en pierre de taille dans le mur ouest de la chapelle de l’Evêque. L’observation de la maçonnerie démontre que l’arc a été percé a posteriori dans le mur puisqu’un mortier très différent a été utilisé pour colmater la brèche au-dessus des claveaux. Un décor de gypserie est alors placé sous l’arc pour agrémenter la chapelle du Rosaire avec pour réemploi des fragments d’un décor antérieur. On orne également le côté de la chapelle de l’Evêque.

Un petit plafond associé à une devanture formant un arc surbaissé devait décorer l’embrasure de cet arc où se développait une baie à claire-voie posée sur une balustrade. On retrouve sur les côtés de l’arc en plein cintre la retombée de ce « faux arc surbaissé » qui fait le penchant à un second situé sur le mur opposé. Effectivement, l’entrée de la chapelle est une dernière fois modifiée par la création d’un renfoncement du mur au centre duquel se trouve une porte rectangulaire. Cet aménagement en forme d’arc surbaissé est simplement taillé dans la maçonnerie préexistante, rectifiée pour les besoins avec le même mortier que celui que l’on retrouve au-dessus de l’arc en plein cintre. Il est difficile d’imaginer le décor de ce renfoncement, peut-être des gypseries ou de vastes huisseries.


La « touche finale » à ces transformations du décor de la chapelle de l’Evêque est apportée à l’autel. Il est probable qu’en cette fin de XVIIIe s. on décide de le remettre au goût du jour. On maçonne entre les socles du retable et on adapte un autel galbé de type tombeau ; ces modifications ont pu être cependant effectuées bien plus tard, dans le courant du XIXe s. avec un autel antérieur récupéré et replacé.


Conclusion


Le décor de la chapelle de l’Evêque est assez bien conservé - à l’exception des aménagements de la fin du XVIIIe s. - mais il mérite une restauration globale. L’étude archéologique montre quelles ont été les différentes transformations de cet ensemble depuis le Moyen-Âge jusqu’à nos jours. L’intérêt majeur de ces recherches réside dans la découverte d’une ancienne voûte en berceau brisé médiévale qui se déployait sur cet espace encadré par deux contreforts de la nef romane. C’est une donnée importante qui permet de compléter nos connaissances des bâtiments canoniaux disposés autour du cloître au Moyen-Âge. A l’avenir, il serait souhaitable que tous les travaux de restauration sur ce remarquable ensemble épiscopal et canonial de Cavaillon, soient précédés de recherches comparables. Leur utilité est essentielle pour comprendre le bâtiment et par-delà, réussir des restaurations conformes à l’intérêt architectural, artistique et historique de ce groupe épiscopal.


François Guyonnet

Février 2007

 

Bibliographie


Collectif - Les évêques de Cavaillon et leurs armoiries peintes dans la nef de la cathédrale en 1860. Catalogue d’exposition, Les Amis de la Cathédrale et du Vieux Cavaillon, Cavaillon, 1998, 22 p.


Fray (F.) ; Guild (R.) ; Sauze (E.) - Le groupe épiscopal de Cavaillon, In Monuments Historiques, 170, 1990, p. 77-79.


Meyer (F.) - Un chanoine de Cavaillon au Grand Siècle. Le livre de raison de Jean-Gaspard de Grasse (1664-1684). Collection de documents inédits sur l’histoire de France, Série in-8°, Vol. 30, Ed. C.T.H.S., Paris, 2002, 153 p.


Thirion (J.) - Notre-Dame de Cavaillon, In Congrès Archéologique de la France, 1963, Avignon et le Comtat-Venaissin, Société Française d’Archéologie, Paris, 1963, p. 394-406.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 16:59

la-maison-du-chanoine-01Un diagnostic patrimonial dans une maison en attente de réhabilitation du centre ancien de Cavaillon est à l’origine d’une découverte exceptionnelle pour la connaissance de la peinture en Provence au début du XVIe s. Le bâtiment se situe à quelques mètres au sud de l’ancien groupe épiscopal de Cavaillon, probablement dans le périmètre de l’ancien quartier canonial.

 

L’architecture de l’édifice est assez composite et reflète les multiples transformations des lieux tout au long du Moyen-Âge, voire au-delà (présence d'un mur antique dans la cave). Au rez-de-chaussée et sur une élévation de l’étage, on observe une maçonnerie et des traces d’ouvertures caractéristiques de l’époque romane. Une partie de la façade sur l’ancienne cour semble avoir été reconstruite au XIVe s. avec une ordonnance de fenêtres à croisillon, complétée d’une travée supplémentaire au tournant des XVe et XVIe s. A cette époque, une restructuration complète de l’hôtel particulier, appartenant probablement à un chanoine, est menée à son terme.


la-maison-du-chanoine-02.jpgD’imposants planchers couvrent plusieurs pièces dont certaines sont chauffées par de grandes cheminées de style gothique. Une petite pièce d’environ 7 m2 a particulièrement attiré notre attention par la qualité de son décor peint conservé sous les badigeons d’époque moderne. Il s’agit certainement d’une chapelle privée - ou d’un oratoire - aménagée dans un recoin de l’immeuble, où le chanoine pouvait se recueillir parmi les représentations des saints pour lesquels il avait une dévotion particulière. Chaque mur est orné de peintures réparties en deux registres : en partie basse, on observe une série de fausses tentures ornées de rinceaux au-dessus desquels sont disposés les saints, dans un décor d’architecture en trompe-l’œil. Parmi ces nombreux personnages sacrés, on distingue une superbe représentation de Saint-Michel terrassant le démon.

 

François Guyonnet

Mars 2006

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 16:39

creche-hotel-d-agar-2011Véronique Valton, Christian Morand et Les Amis de l’Hôtel d’Agar sont heureux de vous inviter à découvrir la crèche de Noël 2011.

 

Du samedi 17 décembre au vendredi 23 décembre de 14 h à 18 h, la crèche sera ouverte au public sur rendez-vous. Pour participer aux visites guidées, veuillez cliquer sur Contact. Les samedi 7 et dimanche 8 janvier 2012, la crèche sera ouverte à tous de 14 h à 18 h.

 

Cette année, 4 salles seront ouvertes. Au rez-de-chaussée de la tour gothique, vous pourrez admirer la crèche des santons provençaux. Au premier étage, vous découvrirez dans la première salle l’histoire du santon en Provence et, dans la seconde, c’est l’histoire des santons de Marseille qui vous sera présentée ainsi que celle des santons génois. Enfin, au second étage de la tour ce sont les boules de Noël qui seront à l’honneur, des boules sulfurisées du 19e siècle aux œuvres modernes de Meisenthal.


creche-01creche-04

 

Pour la première fois, nous vous proposerons à la vente des boules de Meisenthal et peut-être même le trésor de Cavaillon en chocolat...


Nous espérons que ce programme vous plaira et que vous serez encore très nombreux cette année à venir nous rendre visite.

 

Des photos de la crèche 

Une vidéo sur la crèche en 2010

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 13:47

concert-2011-07

Dimanche après midi, la cathédrale était comble pour rendre hommage à Maurice Duruflé et Eliane Chevalier. La présence du maire ainsi que celle de plusieurs élus honorait le très beau concert d’orgue, donné en vue de recueillir des fonds pour sa restauration. L’excellente organiste Sarah Soularue, élève de Maurice et Marie-Madeleine Duruflé et amie de la famille Chevalier, qui finançait en partie le concert, a su enthousiasmer l’assistance avec un récital composé d’œuvres de Bach, Louis Vierne, Tournemire et bien entendu du compositeur Maurice Duruflé.

 

Ces instants merveilleux d’écoute des grandes orgues de notre Cathédrale se sont achevés autour d’un buffet offert et organisé par le Rotary Club Cavaillon Saint-Jacques sous les voutes du cloître.

 

La Provence du 19 novembre 2011

 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 12:51

place-leon-gambetta-04Samedi 26 novembre 2011

Rendez-vous à 9 h 30 place Gambetta

Inscription : 04.90.72.26.86

 

La visite relative au FISAC est reportée à une date ultérieure. A sa place, le service des Musées et du Patrimoine propose une balade en ville pour se rappeler quelques aménagements importants. Le départ est prévu place Gambetta, suivie d'une remontée dans le temps et à travers la ville vers la Grand'Rue, qui fit l'objet d'une RHI (réhabilitation pour l'habitat insalubre). La visite se poursuivra par la Place aux Herbes et son opération façade, puis par le quartier du Fangas et enfin par la place du Clos. Des photos du fonds Jouve et des Archives municipales rappeleront ce qu'était Cavaillon autrefois.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 12:38

du-cote-de-l-en-tete

Exposition « Du côté de l'en-tête »

Commerces et industries en Vaucluse de 1850 à 1950


Cette exposition, réalisée par le Musée départemental du cartonnage, les Archives départementales et l'ASPPIV (Association pour la Sauvegarde et la Promotion du Patrimoine Industriel de Vaucluse), vous convie à un voyage dans le temps et le territoire vauclusien, à travers près de 400 papiers à en-tête.


Outils de communication liés à une stratégie publicitaire, ces documents recèlent une abondance de détails à vocation informative, symbolique ou décorative. On y découvre les activités qui ont contribué au rayonnement du département aux XIXe et XXe s. (papeteries et cartonnages, conserveries et berlingots, filatures en soies et sériciculture, etc.). Les références cavaillonnaises sont complétées par des en-têtes originaux de commerces célèbres conservés dans les archives de la ville.

 

Enfin, un livret jeune public permet aux enfants de découvrir cette exposition de façon légère et autonome.

 

Archives municipales de Cavaillon

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 10:15

Famille d'Agar

 

Blason : « De gueules à la molette d'éperon à huit raies d'argent posée en abîme et un chef cousu d'azur chargé d'une croix tréflée d'or ».

 

famille-d-agar-01famille-d-agar-02


Son cri de ralliement : « Agar ».

  

La famille d'Agar (ou d'Agard) apparaît à Cavaillon dès le XIIe siècle. Fortement engagés auprès des catholiques, ils prennent une part active lors des guerres de religion. Jean d'Agar, Conseiller au Parlement d'Aix, est l'un des plus ardents ligueurs de Provence. Paul Antoine est un auteur lyrique. Au début du XVIIIe, Puyricard d'Agar écrit « Antiquités de la ville de Cavaillon ». 

Sous la Révolution, la famille disparaît de la ville non sans y avoir laissé son imposante demeure (l'hôtel d'Agar, rue Liffran).

Les d'Agar, seigneurs sans terres conséquentes s'allieront avec les familles nobles de la région (d'Agoult, de Bus, de Cicéri, Athénosy, de Pérussis…).

 

Famille d'Athenosy

 

Blason : « D'or à un chevron de sable, accompagné de trois noix de gueules ». 

 

blason-athenosy-02blason-athenosy

 

Le blason se trouve dans l'église des Vignères.

 

Les Athenosy sont connus à Ménerbes dès le XVe siècle. Louis fut maire de Cavaillon pendant la Révolution ; Esprit le fut sous la Monarchie de Juillet de 1831 à 1832. Une branche s'est développé à Avignon.

 

Famille de Bonadona

 

Blason : « D'azur à la bande d'argent, accompagnée de deux roses du même ».

blason-bonadona-02.png


Originaire du Piémont, Jeannin de Bonadona s'installe dans le Comtat au XVe siècle. Deux branches se fondent, l'une sur Carpentras et Pernes, l'autre sur Malemort. Au XVIIIe la famille possède des propriétés dans le Haut Comtat sur les communes de Blauvac et Malemort du Comtat. Sous la Révolution, deux familles résident à Malemort, celle de Jean Dominique, et celle de Thomas Hyacinthe, époux de Claire Gautier.

Albert (1838-1908), fils de Philippe et de Marie Anne, Jacops Daigremont, est nommé maire de Cavaillon de 1874 à 1878. Il n'a pas de descendance actuelle.

 

Famille de Dupuy-Montbrun

 

Blason : « D'or au lion armé et lampassé d'azur ».

 

blason-dupuy-montbrun.jpg 

 

Originaire de Montbrun-les-Bains (Drôme), la famille Dupuy (ou du Puy) trouve ses racines dans une très ancienne souche noble. A Cavaillon, les registres signalent des Dupuy depuis le XVIIe siècle avec Jean Alphonse marié à Anne d'Agar.

Joseph Gabriel, né vers 1708, épouse Marie Josèphe de Brignan. Deux enfants seront connus à Cavaillon : Jean Joseph, maire sous la Révolution et Marc Antoine Pie, curé à Cavaillon. Jean Joseph, ancien militaire, épouse Anne Marie Louise Henrique de Clémens (de Graveson). On ne leur connaît pas de descendance.


Famille de Forbin

 

Blason : « D'or, à un chevron d'azur, accompagné de trois têtes de léopards, de sable, allumées et lampassées de gueules, deux en chef et une en pointe ».

 

blason-forbin-02.jpgblason-forbin

 

Le blason se trouve dans l'église des Vignères.


Cette vieille famille provençale se fait connaître dès le XVe siècle. Des alliances se font avec les Pérussis et surtout les Maynier d'Oppède. Jean Maynier substitue la baronnie d'Oppède aux enfants mâles de Claire de Pérussis, sa petite-fille, à la charge de porter les nom et armes de Maynier. C'est ainsi que la baronnie d'Oppède revient aux Forbin. Plusieurs branches se sont formées : Forbin-Lafare, Forbin-La Barben… 

Propriétaires de terres aux Vignères, les Forbin eurent un long conflit avec la ville de Cavaillon au sujet du canal Saint-Julien. Ils firent construire au XVIe siècle l'aqueduc de « La Canaù », qui franchit le Coulon à Cavaillon.

 

la-canau-01

 

La Canaù.

 

Famille de Ginestous

 

Blason : « Ecartelé 1 et 4 d'or au lion rampant de gueules armé et lampassé de sable qui est des Ginestous ; aux 2 et 3 d'argent à trois fasces crénelées de gueules qui est de Montardier ».

 

blason-ginestous-02.jpgblason-ginestous


Ce blason est situé dans l'église des Vignères.

 

La famille est originaire du château de Galand (Cévennes). Le baron François Guillaume (1723–1783) s'unit avec Françoise Villardy de Quinson, une Avignonnaise. De son fils Pierre qui épouse une allemande, Antoinette Barckausen, naîtra César (1804-1894), maire de Cavaillon de 1836 à 1837. Celui-ci se marie avec Alix Marie Pauline de Crousnilhon. Deux enfants naîtront : Henri Joseph Alphonse qui a pour témoins Louis Servan de Bezaure et Louis d'Ortigues, et Gaston Louis Pierre déclaré en présence de Charles Raffélis de Soissans.

 

Famille de Grasse

 

Blason : « D'or, à trois chevrons de gueules » .

 

blason-grasse.jpg

 

Cette famille se fait connaître à Cavaillon par Jean-Gaspard de Grasse (1622-1685), chanoine, protonotaire de la cathédrale qui laisse un précieux livre de Raison. Ses deux frères y exerceront des charges.

Leur père, Gaspard (1599-1677), gentilhomme provençal résidant à Cavaillon, était seigneur de Thorenc, près de Grasse ; leur mère, Jacqueline, appartenait à la famille de Gabrielli, originaire de Gubio en Italie. 

 

Famille de Malespine 

 

Blason : « D'azur, à un chevron d'or, chargé de deux épines de gueules en forme de chevron, et accompagné de trois roses d'argent tigées de même, 2 & 1 ».

 

blason-malespine.png

 

La famille de Malespine, des anciens Seigneurs de Montjustin, est originaire d'Aix où elle jouissait des privilèges accordés aux nobles vers la fin du XVe siècle. Deux branches en sont issues dont l'une à Cavaillon où ils possédaient des terres (la Malespine existe toujours).

 

Famille de Merle de la Gorce

 

Blason : « Coupé, au 1 de gueules, à l'épée d'argent, garnie d'or ; au 2 échiqueté d'argent et de sable ».

 

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Couronne de marquis. Supports : quatre épées passées en sautoir sous l'écu. Cri : « Or sus fiert ».

 

Jean-Baptiste Senchon de Bournissac, maire de Cavaillon, épouse en 1788 Adélaïde-Victoire de Merle de la Gorce, née le 29 juin 1748, chanoinesse-comtesse de Neuville en Bresse, veuve du baron Claude de Roche ; elle est la fille  de Charles de Merle de la Gorce, comte de Vallon, et d'Anne Urbain de Grimoard de Beauvoir du Roure. 

Cette maison originaire du Languedoc est établie dans le Vivarais, depuis le XVIe siècle.

 

Famille de Pérussis

 

Blason : « D'azur à trois poires d'or ». 

 

blason-perussis.gif

 

Au XVe siècle, les Peruzzi sont chassés de Florence et se réfugient à Avignon. Ils s'allient avec des familles comtadines (Baroncelli, de Panis, de Vitalis…) et francisent leur nom en Pérussis. Au XVIe siècle, des enfants de Clément Pérussis, seigneur de Caumont se font connaître : Louis II Pérussis qui rédige les Chroniques sur les guerres dans le Comtat ; François Pérussis (1537-1612), prévôt de la cathédrale de Cavaillon dont la dédicace se trouve dans la cathédrale. 

La branche cavaillonnaise des Pérussis s'allie avec les familles Malespine, de Grasse, d'Agar… et fait construire l'hôtel particulier situé sur la place Philippe Cabassole.  

Le dernier descendant, Pierre Rodolphe (sans postérité), a sa dédicace dans la cathédrale de Cavaillon. 

 

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Montée de l’escalier de l’hôtel de Pérussis à Cavaillon (MH).

 

Famille de Raffélis

 

  Blason : « D'or, à la croix recroisetée d'azur  »

 

blason-raffelis.jpg

 

Famille d'origine italienne, les Raffélis, seigneur de Grambois-Roquesante, sont une branche des Raffélis, marquis de la Roque. Pierre de Raffélis fut conseiller au parlement d'Aix en 1644.

Michel Jules, fils d'Honoré et de Gabrielle d'Albertas, épouse à Cavaillon Louise Françoise de Barrier (1723). Trois de ses filles entrent chez les Ursulines de la ville. Remarié à Cavaillon en 1753 avec Marguerite de Salières de Fosseran de la Jardine, nièce de l'évêque de Vaison, il a une fille Christine et un fils Michel Etienne, né à Cavaillon (1756-1822). Celui-ci épouse Eugénie Villardy de Quinson. Officier du roi, blessé lors de l'attaque des Tuileries, il épouse en Andalousie Marguerite de Valverda. Sa fille Zéla, artiste peintre, est  sans descendance.

Casimir, fils de Joseph François Hyacinthe et de Jeanne Bellis Roaix, vicomte (1770-1844) épouse Angélique de Novi-Caveirac à Cavaillon. C'est un des plus riches contribuables de la ville.

 

Famille de Sade

 

Blason : « De gueules, à l'étoile à huit rais d'or, chargée d'une aigle éployée de sable, becquée et membrée de gueules ».

 

blason-sade-01blason-sade-02.jpg

 

Le blason de droite est peint dans la cathédrale de Cavaillon.

 

La maison de Sade, originaire d'Avignon, se fait connaître dès le XIIe siècle. La famille a fourni des célébrités à des titres divers : Laure chantée par Pétrarque, le « divin marquis » de Lacoste, des militaires, des hommes d’église…

Trois représentants de Sade auront un rôle à Cavaillon :

• Richard de Sade, évêque (1660-1663) qui fit décorer la chapelle du Saint Sacrement de la cathédrale.

• Jean-Baptiste de Sade, évêque de Cavaillon en 1666, neveu du précédent. Homme de culture, il publie des ouvrages, dirige l’Académie de Cavaillon où l’on parle philosophie, théologie… Il fait preuve d’une intense activité religieuse, reçoit les Carmélites, installe les Ursulines, fait décorer la cathédrale par Jacques Bernus, originaire de Mazan comme lui. En 1709, les recteurs de l’Hôtel-Dieu lui font ériger un cénotaphe dans la cathédrale ; il magnifie les vertus du prélat. 

• Henri Véran de Sade (Tarascon, 1759), vicomte et cousin du marquis, est administrateur du Vaucluse à la Révolution et commandant de la Garde nationale de Cavaillon. Il sera membre du conseil municipal de Bournissac.

 

cenotaphe-de-sade.JPGmausolee-de-sade.jpg

 

Le cénotaphe de Jean-Batiste de Sade dans la cathédrale de Cavaillon (sculpteur Maucord).

 

Famille de Senchon de Bournissac

 

Blason : « D'azur à un chevron accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un casque taré de profil, le tout d'or ».

 

blason-senchon-de-bournissac-02.gif

 

Les Senchon seraient venus d'Italie au XVIe siècle. François, né en 1663, sera avocat à la cour du Parlement d'Aix puis délégué à Avignon des Intendants de Provence et du Languedoc. Antoine Baudile (1702-1757)  épouse Angélique de Leuctres de Canillac (1704-1774). Ses trois garçons embrassent la carrière militaire : Joseph (1731-1773), Jean-Baptiste (1732-1824), commandant de la forteresse de Pont-Saint-Esprit ; il sera maire de Cavaillon de 1805 jusqu'à sa mort, sans descendance ; Etienne (1730-1793), Maréchal de camp, Prévôt général de la Maréchaussée de Provence, guillotiné à Marseille. Ses fils formeront une Eglise anticoncordataire (sans descendance).

Le domaine des Bournissac se situait à Noves.

 

Famille de Servan de Bezaure

 

Blason : « De gueules, au cerf d'argent marchant à senestre, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent ».

 

blason-servan-de-bezaure-02.jpgblason-servan-de-bezaure.jpg

 

Le blason figure sur les vitraux de l'église des Vignères. 

 

Au XVIIe siècle, alliés avec les Astouaud, seigneurs de Bezaure et de Saint-Lambert, les Servan, originaires de Grenoble y unissent leur nom. Casimir de Bezaure, légitimiste, se noie dans la Durance en 1866, en se baignant avec Félix de Crousnilhon. Ses deux fils, Cavaillonnais, Gaston et Paul embrasseront des carrières diplomatiques.

 

Famille de Tonduti

 

Blason : « D'argent à la bande d'azur (ou de sable), chargée de trois molettes d'or ».

 

blason-tonduti-01.jpgSaint-leger-du-ventoux.jpg

 

A plusieurs reprises, les Tonduti sont cités à Cavaillon. Le blason sur le tableau de Pierre de Luxembourg dans la cathédrale porte en partie les armes des Tonduti.

A Avignon, François de Tonduti, seigneur de Saint-Léger (aujourd'hui Saint-Léger du Ventoux) et de Montserein, astronome réputé, fit bâtir un hôtel particulier décoré par Nicolas Mignard. Le fief de Saint-Léger appartint aux seigneurs des Baux de Provence. Au XVIe siècle, la seigneurie des Tonduti s'y installe jusqu'à la Révolution. 

Deux autres branches se font connaître dans le comté de Nice : les Tonduti, de l'Escarène et ceux de Falicon.

 

Jean Giroud

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 10:07

Il est des sons, il est des mots, qui, de poitrines en poitrines, traversent les millénaires ; nous les prononçons tous les jours sans les entendre. Aux origines, ces cris, ces racines vibrantes désignaient abruptement la vie et les éléments. Tels des fossiles, certains de ces radicaux nous sont parvenus ; ainsi la grande fratrie des Bal, Kal, Clap, Gar ou encore Kab qui toutes évoquent la pierre.

Comme des cellules premières, ces formes se différencièrent dans l’espace et au fil des temps ; chez nous elles migrèrent à travers les parlers ligures, le latin puis le provençal. On peut les retrouver aujourd’hui cristallisées dans des lignées de noms propres ou communs relatifs au relief : Les Baux, une calanque, un clapier, la garrigue. Dans sa langue et ses toponymes, la Provence conserve nombre de ces radicaux archaïques ; le terme Cavaillon est un exemple parmi bien d’autres.

Issu de la vieille souche pré-indo-européenne Kab, le substantif commun kal/kabe désigna le rocher, la colline que nous appelons à présent St-Jacques, puis sans doute par glissement l’occupation humaine établie en ce lieu.

 

a-propos-de-kabellion-01.jpgVers 600 ans avant notre ère, les Grecs de Phocée fondent Marseille tandis que les Celtes s’infiltrent parmi les autochtones ligures : bientôt le Kabel sera cavare.

Etrangers mais de consonance voisine, l’ethnique cavare et le vieux toponyme vont se superposer. De cette confusion, naîtront plus tard bien des erreurs, au point d’attribuer aux Cavares l’origine même de la cité. Alliés de Marseille, les Cavares ouvrent largement leur territoire à l’influence grecque ; le Kabel qui commande le passage de la Durance devient alors un comptoir de premier plan. Décrivant ce contexte voilà vingt-deux siècles, un voyageur et géographe grec, appelé Artémidore d’Ephèse, note qu’Avignon et Kabellion sont des cités de Marseille. Pour la première fois, Kabellion, la ville du Kabel, apparaît dans un texte. Elle sort de l’oralité, vêtue à la grecque (1).

C’est sous la légende Kabe que Kabellion frappe sa première monnaie ; c’est avec l’alphabet grec et dans cette culture que vont s’exprimer ses élites.

 

a-propos-de-kabellion-02.jpgPendant ce temps en Narbonnaise, Rome aménage, Rome construit et, petit à petit, étouffe Marseille, son ancienne alliée. Après la chute de celle-ci en -49, Kabellion devient romaine. Sommée de prendre la toge, la ville du Kabel y perd son kappa et sa consonance grecque ; elle sera et pour longtemps Cabellio la latine.

Le toponyme Cabellio va survivre à la chute de l’Empire. Préservé par les clercs, il triomphera des invasions et des bouleversements du haut Moyen-Âge ; seule la confusion des sons V et B affectera sa prononciation ; ainsi apparaîtra Cavellio. On le retrouvera presque intact dans la langue des troubadours, sous la forme occitane de Cavalhon.

Le nom de la colline, lui, souffrira de la christianisation des lieux de culte païens. Le vocable et le rayonnement de la chapelle Saint Jacques (Sant Jaume en provençal) auront finalement raison de l’appellation tardive et ambiguë de Mont Caveau. En effet, la transcription française caveau rendait mal la forme populaire cavel/cavèu ; plus grave, elle en inversait le sens (passage d’une hauteur à une profondeur), ce qui conduira à des impasses étymologiques telles que le Caveau, montagne des cavernes (2) !

Caché par sa ruralité, un autre témoin existe encore : Cabédan. Ce toponyme dont je cherchais le sens depuis si longtemps ne s’éclaire t-il pas soudain au contact de Kabe ? Notre vaste quartier de Cabédan ne serait-il pas une portion du territoire antique de la cité, et plus précisément la survivance d’un ancien découpage colonial ou fiscal ?

Kab, Kabel, Kabellion, Cabellio, Cavalhon... Mystérieux destin d’un balbutiement d’humanité qui, de dépassement en dépassement, poursuit son évolution. Cavaillon n’en est qu’une étape.

 

Robert Sadaillan

 

(1) Ecrivant à la fin du IIe siècle avant notre ère, Artémidore d’Ephèse évoque sans doute une situation déjà antérieure à cette date. Cette citation nous parviendra par l’intermédiaire d’Etienne de Byzance, écrivain byzantin du VIe siècle après J.C.

(2) Exemples de parenté et de pièges linguistiques :

- deux quartiers hauts de Marseille portaient autrefois le toponyme Cavaillon. On rencontre aussi ce nom dans deux villages du Var ;

- en agronomie, un cavaillon est une levée de terre comprise entre deux sillons, butte que l’on ôte au moyen d’un outil appelé décavaillonneuse. Inusités ici, ces deux derniers termes paraissent d’origine languedocienne.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 09:43

tableau-de-la-crucifixion.jpgLa Crucifixion entre Saint François de Sales, Saint Etienne et le Bienheureux César de Bus.

 

C’est grâce à Valère Martin, célèbre érudit cavaillonnais, que nous connaissons la provenance de ce tableau : l’ancienne chapelle Saint Etienne ou des Pénitents Noirs.

César de Bus rédigea lui-même les statuts de cette Confrérie à laquelle il appartenait et dont il fut, selon un de ses biographes, l’abbé Chamoux, « le modèle et le flambeau ».

L’ancien titre de cette chapelle peut expliquer la présence de Saint Etienne sur ce tableau.

Quant à Saint François de Sales, la grande dévotion dont il fut l’objet aux XVIIe et XVIIIe siècles explique le nombre de ses représentations dans la peinture religieuse.


De grande dimension (230 cm de haut par 160 cm de large), cette toile autrefois cintrée a été élargie à une époque inconnue dans sa partie haute et repliée en bas de façon à être adaptée à un cadre rectangulaire préexistant.

Ce tableau fut conservé jusqu’en 1966 dans la chapelle du grand Couvent avant d’être déposé avec sept autres tableaux dans l’ancienne salle capitulaire de la cathédrale où il se trouve toujours.

Au retable de la chapelle Saint Joseph de la cathédrale, au dessus de l’autel, était accroché autrefois un superbe tableau peint par Nicolas Mignard et représentant une Sainte Famille, dans un grand cadre cintré.

La technique employée pour la restauration de ce tableau en 1860 consista en une transposition de la couche picturale sur une nouvelle toile.

 

chapelle-saint-joseph-01.jpgHélas, l’opération fut mal conduite car des pans entiers de peinture ne tardèrent pas à se détacher, tant et si bien que le tableau fut définitivement perdu et dut être enlevé et remplacé par une grande toile unie au début du XXe siècle.

Nous nous proposons de restaurer le tableau représentant le Christ en Croix et de le remettre au format cintré initial afin de l’installer au retable de la chapelle Saint Joseph, cependant que la statue visible sur la photographie retrouvera sa place initiale plus bas, sur le tabernacle.

Ce beau projet a reçu l’accord et une subvention de la Commission départementale Gagnière et de la ville de Cavaillon.

Nous sollicitons à présent la participation de généreux donateurs par l’intermédiaire de la Fondation du Patrimoine.

 

Pour des renseignements au sujet des dons, veuillez cliquer sur Contact.

 

Raymond Escoffier

Novembre 2009

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