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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 14:18

La chapelle de l’hôpital de Cavaillon et l’église de Cheval-Blanc ont en commun de posséder des peintures murales figuratives réalisées par l’abbé Marcel Roy vers le milieu du XXe siècle, peintures qui, par le plus grand des hasards, font aujourd’hui l’objet de projets de restauration.

La chapelle de l’hôpital fut construite en même temps que l’établissement hospitalier inauguré en 1907. Elle comprend une nef séparée du chœur par un arc triomphal sur le haut duquel est peinte en grisaille sur un fond sombre la montée du Christ au calvaire, tombant sous le poids de la croix que deux hommes l’aident à porter. A l’arrière plan, un cavalier tenant une lance contemple la scène. Sur la gauche, trois femmes de profil dont deux agenouillées tendent les bras vers le Christ. A droite, deux hommes lui jettent des pierres qu’ils tiennent dans la main. Une inscription (« avec lui » et « en lui »), sous chacun des groupes.

L’église de Cheval-Blanc fut à l’origine une chapelle rurale édifiée vers 1650, élevée au rang d’église paroissiale en 1744 puis peu à peu agrandie et dotée d’un clocher en 1851. Sur l’abside du chœur, entre deux fenêtres ornées de vitraux, une peinture représente le titulaire de l’église, saint Paul, terrassé sur le chemin de Damas, genoux à terre, lâchant de la main droite les guides de son cheval qui se cabre. Au-dessus, le Christ en gloire, peint dans une mandorle, entouré des symboles des évangélistes. Deux grandes frises partent du sol jusqu’à la voûte, dont une sur l’intrados de l’arc triomphal. Une frise horizontale est peinte à hauteur d’homme sur le soubassement du chœur. Ces figures sont peintes en camaïeu de jaune et de marron sur un fond beige clair.

L’auteur de ces peintures murales et leur date de réalisation nous sont connus pour Cheval-Blanc grâce à une feuille paroissiale écrite par l’abbé Vallien, curé de ce village, en 1947, dans laquelle il donne la chronologie des transformations qu’il apporta à l’église (1946 : décoration du sanctuaire, 1947 : édification d’un nouvel autel) et une lettre de remerciements adressée aux généreux souscripteurs.

Quant à Cavaillon, la chapelle de l’hôpital figure dans la liste des œuvres de l’abbé Roy dressée à l’occasion d’une exposition à Avignon en 2000, sans mention de la date d’exécution. Il est possible que ces peintures aient été faites pendant son séjour à Cavaillon (1943-1947), ou lors de la construction de la chapelle Sainte-Bernadette dont il réalisa les vitraux (1960).

 

Le catalogue de cette exposition nous donne quelques notes succinctes sur la vie et l’œuvre de l’abbé Marcel Roy (1). Né le 5 avril 1914 à Avignon, il entre à l’école des Beaux-Arts de cette ville et prolonge ses études à l’Académie de Bruxelles, puis exerce le métier de peintre décorateur.

Sous l’occupation allemande, il s’engage dans l’équipe des cahiers de Témoignage Chrétien, mouvement clandestin de résistance de 1941 à 1944. Il entre au grand séminaire d’Avignon et est ordonné prêtre en 1943, avec une première fonction de vicaire à Cavaillon d’octobre 1943 à juillet 1947.

Nommé en 1951 aumônier du Pensionnat des Frères des Ecoles Chrétiennes, il est mis en 1957 à la disposition du petit séminaire. Il est délégué à la culture en 1982. Il décède le 15 juin 1987.

L’art monumental tient une grande place dans l’œuvre de l’abbé Roy :

- peintures murales au petit séminaire d’Avignon, chapelle du couvent de l’Immaculée Conception, Notre Dame de Lumière, maison des prêtres de Béthanie ;
- vitraux des églises du Sacré-Cœur et de Saint-Joseph à Avignon, Notre-Dame de la vigne à Cairanne, chapelles de la clinique Masquin, du Mont Serein, du séminaire Saint-Roch à Montpellier, etc.

L’archevêché d’Avignon possède plusieurs tableaux peints par l’abbé Roy. Il participa à de nombreuses expositions, dont le Salon International d’Art sacré à Paris en 1983, et exposa à la Chapelle du Grand Couvent à Cavaillon en 1977.

Prêtre et artiste, l’abbé Roy confiait à une revue en 1987 : « Quand je peins, je crée quelque chose de nouveau, mais il n’y en a qu’un qui est créateur, c’est Dieu… alors en créant, je conjugue le Verbe et mon action devient divine ».

Il faut souhaiter que la restauration des peintures murales de Cavaillon et Cheval-Blanc soit une occasion de redécouvrir ce prêtre et artiste exceptionnel que fut l’abbé Marcel Roy. Ses peintures sont de plus les seules peintures religieuses faites à Cavaillon et Cheval-Blanc au XXe siècle.

(1) « L’art religieux au XXe siècle en Avignon, chapelle de l’Oratoire, 7-17 septembre 2000 »

Raymond Escoffier

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 07:57

Merci aux personnes qui nous ont envoyé les photos et cartes postales ci-dessous.


cavaillon-sous-la-neige-01

Cathédrale Saint-Véran

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 

cavaillon-sous-la-neige-02.jpgCathédrale Saint-Véran

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 

cavaillon-sous-la-neige-04.jpgCloître Saint-Véran

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 

cavaillon-sous-la-neige-14.jpgCloître Saint-Véran

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 

cavaillon-sous-la-neige-09.jpgCadran solaire

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009
 

cavaillon-sous-la-neige-03.jpgPlace Gambetta

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 

cavaillon-sous-la-neige-05.jpgArc romain

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 
cavaillon-sous-la-neige-07.jpgBuste de Castil-Blaze

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 

cavaillon-sous-la-neige-11.jpgMontée César de Bus

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 

cavaillon-sous-la-neige-10.jpgChapelle Saint-Jacques

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 

cavaillon-sous-la-neige-13.jpgCampagne des Vignères

Photo Luigi Rinzivillo

Décembre 2009

 
cavaillon-sous-la-neige-19.jpgPlace Castil-Blaze

Carte postale

14 janvier 1914

Météo Passion

 
cavaillon-sous-la-neige-20.jpgPlace Gambetta

Carte postale

1914

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 18:32

Pour la première fois depuis bien des années, le Chœur Domitia, bien connu dans tout le Vaucluse, a le plaisir de chanter dans l'église de Roussillon. En effet, un concert organisé en collaboration avec la Municipalité de Roussillon va avoir lieu le vendredi 11 mai dans la charmante église du village des ocres.

Le Chœur Domitia, composé de 48 choristes venant de tout le Vaucluse, est davantage qu'un chœur amateur soucieux de la technique. Ce qui fait son unicité, sa richesse, c'est l’émotion qui se dégage quand on l'écoute. A travers le Chœur Domitia, toute œuvre se pare de « couleurs »,  ce qui fait la différence entre un bon et un très bon chœur.

 

gros plan choeur

 

Au cours de ce premier semestre,  le Chœur Domitia, toujours au coeur des problèmes du monde, a offert un concert pour Téranga Africa qui œuvre pour la reconstruction d'une maternité au Mali. Souhaitant maintenant élargir le nombre des villages où il se produit, le Chœur Domitia a répondu avec joie à la demande de l'équipe culturelle de la Mairie de Roussillon pour organiser ce concert. Le programme est composé d'œuvres de Mozart et d'œuvres du répertoire de cette année, consacré aux baroques Italiens.  

Car, cette année 2012 est consacrée aux grands maîtres du baroque italien et depuis septembre c'est ce programme que Bernard Viti fait travailler à ses choristes passionnés. Le Chœur Domitia sera accompagné à l'orgue par un jeune organiste de talent, David Sénéquier.

Ce concert sera un prologue de qualité aux grands concerts d'été qui auront lieu dans toute la région pendant la semaine du 14 juillet.


N'hésitez pas à contacter le Chœur Domitia pour toute information.

info@choeur-domitia.com

06.32.24.49.87

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 14:41

Par Jean-Claude Pieri     1e partie     3e partie

 

  6/ LES GROUPES D'ANIMATION 

 

Pour animer les fêtes, la Commune Libre possède ses propres saltimbanques, groupes burlesques ou musicaux qui « font la joie des spectateurs partout où ils passent ». L'intrépide Brigade des Sapeurs Pompiers défile avec ses gracieuses infirmières et sa pompe à incendie d'un autre temps. 

La Phalange des Bigophonistes, créée en 1937, est dirigée par le sympathique Paul Dublé, surnommé « Lou Pas Madur ». Fanfare carnavalesque plus cacophonique que musicale, elle accompagne les défilés et les retraites aux flambeaux. Ses prestations lui valent un premier prix aux Corsos d'Orange et de Cavaillon en 1937, ainsi qu'un diplôme d'honneur à Cavaillon en 1938.

 

la-brigade-des-sapeurs-pompiers.jpg

les-bigophonistes.jpg

La Brigade des Sapeurs Pompiers La Phalange des Bigophonistes

 

Un drôle d'instrument : le bigophone !

Inventé en 1881 par Romain Bigot, il est constitué d'un cornet en zinc pourvu d'une embouchure dans laquelle le musicien chante en remplaçant les paroles par des onomatopées (« tut-tut-tut »). Le son fait vibrer une fine membrane intérieure constituée par un papier de soie, qui transforme le timbre de la voix en sonorités nasillardes.

Les fabricants lui ont donné des formes aussi diverses que bizarres comme en témoigne « L'Écho de la Gaité Française », catalogue de farces et attrapes datant de 1927.

 

paul-duble.jpg

bigophone.jpg

catalogue-bigophone-copie-2.jpg

Paul Dublé

Exemple de

bigophone

Extraits de « L'Écho de la

Gaité Française »

 

Autre formation musicale, le quintet Mickey House, dirigé par Raymond Serre, anime les apéritifs-concerts, les bals publics, les concours de danses, etc. Orchestre officiel de la Commune Libre depuis 1936, il cédera sa place au Moriss Jazz en 1948.

À côté de ces groupes, apparaissent les pittoresques personnages du Garde-Champêtre et du Gendarme à Cheval, respectables gardiens de l'ordre et la sécurité. Tous ces amuseurs publics sont particulièrement populaires à Cavaillon, notamment lors des défilés du Corso et des fêtes de Saint-Gilles, mais aussi dans toutes les localités de la région où ils se produisent.

 

mickey-house-copie-1.jpg

le-garde-champetre.jpg

le-gendarme-a-cheval.jpg

Mickey House Le Garde-Champêtre Le Gendarme à Cheval

 

    7/ LES REINES DE LA PLACE 

 

Chaque année, la Commune Libre élit une Reine qui préside aux festivités et représente Castil-Blaze lors des différentes manifestations locales et régionales. Le Comité des Fêtes procède à l'élection dès le mois de décembre et la nouvelle Miss est intronisée officiellement au mois de juillet suivant, au cours d'une cérémonie protocolaire de passation de pouvoirs.

 

antoinette-buou.jpg

gabrielle-augier.jpg

blandine-boucherot.jpg

andree-ferraci.jpg

  Antoinette Buou

1937

Gabrielle Augier

1938

Blandine Boucherot

1948

Andrée Ferraci

1949

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 05:50

Merci aux personnes qui nous ont envoyé les photos et cartes postales ci-dessous.

 

les-vigneres-06.jpgLes Vignères

Vue aérienne

Carte postale

 

les-vigneres-02.jpg

Les Vignères

Rue générale

Carte postale

 

 

les-vigneres-10.jpg

Les Vignères

Sellerie bourrellerie Chapellet

Carte postale

 

les-vigneres-09.jpgLes Vignères

Rue de la Poste

Carte postale

 

les-vigneres-01.jpg

Les Vignères

Café Moderne

Carte postale

 

 

les-vigneres-03.jpg

Les Vignères

Tabac

Carte postale

 

 

vigneres-05.jpg

Les Vignères

Café de l'Agriculture

Carte postale

 

negoce-02.jpgLes Vignères

Epicerie-boucherie F. Vilhon

Carte postale

 

les-vigneres-08.jpgLes Vignères

Les écoles

Carte postale

 

les-vigneres-05.jpgLes Vignères

Château St-Martin

Carte postale

 
les-vigneres-07.jpgLes Vignères

Château St-Martin

Etiquette de bouteille de vin

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 14:40

Merci aux personnes qui nous ont envoyé les photographies suivantes.

 

1) L'exploitation agricole familiale

 

Vendanges, les Faysses, 1914-1918   

agriculture-05.jpg

Berthe Baud (petite fille assise) et sa belle-mère Félicie Baud (née Comte, derrière à droite). Le père et mari Dominique Baud est au front.

Carte postale.

 

Moment de détente, la Malespine, 1936 

agriculture-03

Gabriel Silvestre, sa fille Simone, sa belle-mère Félicie Baud et son épouse Berthe.

 

Récolte des melons, le Roulet, 1937 

agriculture-01

Dominique Baud, son gendre Gabriel Silvestre et sa petite-fille Simone.

 

2) Les fêtes en famille

 

fetes-01.jpg

Fête des Vignères, la Malespine, 1935

Berthe Silvestre, sa fille Simone et son mari Gabriel.

 

Bal des Vignères, la Malespine, 21 février 1939 

fetes-02.jpg

Gabriel Silvestre, sa fille Simone et son épouse Berthe.

 

3) L'alimentation familiale

 

Epicerie-boucherie, Les Vignères, 1910 

negoce-02.jpg

François Vilhon, son petit-fils Marcel, son fils Louis et sa belle-fille Rosalie (née Delaye, à l'extrême droite). 

Carte postale.

 

4) Le négoce familial

 

negoce-01.jpg

Marchand de bois, Cavaillon, 1915

Joseph Florens (tenant une chaise, adjoint du maire Joseph Guis), son fils Albert (la main contre le mur) et son petit-fils René (à l'extrême droite). Les Florens sont cités dans le livre de Guy Jau pour avoir vendu du bois à la commune de Robion vers 1780. Cette entreprise a existé jusqu'à la fin des années 1970.

 

5) Les cérémonies familiales

 

Mariage, Les Vignères, 1930 

ceremonies-01.jpg

1er rang : Dominique Baud et Félicie (née Comte), Gabriel Silvestre et Berthe Baud, Félix Silvestre et Jeanne (née Tamisier).


2e rang : ?, René et Denise Silvestre, Léon Baud, ?, ?.


3e rang : Lucienne (née Clarion) et Denis Serre.

 

6) Les loisirs en famille

 

Souvenirs de Fos-sur-Mer, juillet 1939 

loisirs-01.jpg

Gabriel Silvestre, sa fille Simone et son épouse Berthe.


7) La musique en famille

 

musique-01.jpg

Groupe Jazz Maurice, Cavaillon, 1930

Joseph Florens (au centre avec le saxophone) et son frère René (assis avec un banjo). Il s'agit d'un des premiers groupes de jazz Nouvelle-Orléans créés en France.

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 05:17

L'école Marie Signoret va fêter son centenaire

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 18:19

Par Jean-Claude Pieri     2e partie     3e partie

 

    1/ PROLOGUE : LES COMMUNES LIBRES  ♦   


En 1919, au lendemain de la Grande Guerre, les Français ressentent le besoin légitime de faire à nouveau la fête afin d'effacer cinq années d'inquiétudes, de souffrances et de privations. Dans un pays déchiré, les veuves et les orphelins sont légion et le social est devenu inexistant.

Dans les villes, les municipalités essayent de répondre à ces aspirations en organisant des manifestations qui se révèlent plus souvent patriotiques que populaires.

Dans certains quartiers apparaissent alors des associations appelées communes libres qui, à contrario, versent dans l'humour, la dérision et la fête à outrance.

Ces « municipalités pour rire » sont administrées par un maire et un conseil municipal qui reproduisent de manière parodique les actes de la vie communale.

Si elles s'appliquent à offrir à leurs concitoyens ces festivités tant attendues, elles s'impliquent également dans une action philanthropique au profit de l'enfance déshéritée.

À l'origine de toutes, la Commune Libre de Montmartre, à Paris, est née un soir de l'hiver 1920 dans une salle du cabaret « Le Lapin Agile », place du Tertre.

Sa devise, « Faire le bien dans la joie » va devenir celle de la plupart des communes libres de France.

 

  2/ CAVAILLON S'AMUSE  ♦

 

Depuis 1911, certains quartiers de la ville, notamment ceux de Bellevue, de L'Abreuvoir et de La Tour Neuve, organisent leurs propres festivités.

En 1923, à l'initiative de son président, Joseph-Pierre Boitelet, le « Groupement pour la Défense et le Développement du Commerce Cavaillonnais » organise le premier Corso de Charité qui remporte un succès retentissant et devient rapidement une grande attraction régionale.

À partir de 1925, le casino de « La Cigale » présente de nombreux spectacles parisiens, parmi lesquels les délires satiriques des « Chansonniers du Grenier de Montmartre » ou les revues légères du « Théâtre du Moulin Rouge ».

 

  3/ LA COMMUNE LIBRE DE CASTIL-BLAZE  ♦

 

Né en 1931, ce « groupement humoristique, artistique et philanthropique » comme il se définit lui-même, se fixe pour objectif d'animer ce quartier cavaillonnais jusque-là privé de réjouissances et de manifestations populaires.

Au cours des premières années, son activité reste très discrète, presque ignorée, et se résume en des actions essentiellement caritatives au profit de ses jeunes concitoyens. C'est ainsi que chaque année, lors des fêtes de Noël, la municipalité procède à une distribution de bonbons aux enfants des chômeurs et aux petits pensionnaires de l'orphelinat Barillon. Elle s'implique, par des collectes publiques, dans la vente du Timbre Antituberculeux et récolte des fonds en organisant des soirées dansantes et des réveillons, dont certains sont restés mémorables !

En 1936, pour officialiser son existence, l'association organise au mois de juillet une grande fête populaire qui rencontre un succès sans précédent, à tel point que les organisateurs décident alors de la reconduire tous les ans à la même époque.

Désormais inscrite au calendrier événementiel de la ville de Cavaillon, la « Fête Votive de Castil-Blaze » devient une manifestation locale à part entière, au même titre que le Corso, la Saint-Gilles ou la foire commerciale.

 

la-commune-libre-de-castil-blaze.jpg

La Commune Libre de Castil-Blaze

 

 

carte-de-membre.jpg

distribution-de-bonbons.jpg

Carte de membre

Distribution de bonbons


    4/ L'ADMINISTRATION DE LA COMMUNE LIBRE  ♦

 

La Commune Libre est placée sous l'autorité d'un maire, élu par les membres de la commission administrative. Deux commerçants de la place se succèdent à cette fonction : « le glacier de la place » Émile Mathieu, de 1936 à 1938, et Claude Maréchal « le poissonnier sans égal », en1939 ; puis de 1945 à 1953.

 

La commission administrative assure la gestion communale, placée sous la double responsabilité du maire et d'un président. À ce poste se succèdent Lazare Depouzier (1936-1939,1945-1946) puis Jacques Chardon (1947-1953) qui, profession oblige, sera le photographe officiel de la commune. Clément Cespo, propriétaire du bar-tabacs de la place, cumule quant à lui les fonctions de secrétaire (1936-1938) et de trésorier (1936-1939 ; 1945-1946).

 

Le comité des fêtes programme et organise les festivités communales. Son président, Jean Louet, est un jeune commerçant cavaillonnais, propriétaire d'un négoce de vins et spiritueux à l'enseigne « À la Coupe d'Or », avenue de l'Abreuvoir (actuelle avenue Abel Sarnette). Membre du conseil d'administration en tant qu'adjoint de Clément Cespo, il est le « Ministre des Loisirs » de la Commune Libre. C'est également le rédacteur en chef du journal « Le Petit Castil-Blaze » (1937-1939) et le présentateur attitré du comité qui anime, avec talent et humour, les cérémonies officielles, les spectacles et les différentes distributions de récompenses.

En 1947, sa notoriété d'organisateur lui vaut d'intégrer le nouveau Comité des Fêtes de la Ville que vient de créer le maire Fleury Mitifiot.

Personnage plein de bonhomie et d'humour, il demeure l'une des figures emblématiques de la vie publique et festive de Cavaillon.

 

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Émile Mathieu Claude Maréchal Lazare Depouzier
     

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Jacques Chardon Clément Cespo Jean Louet

 

Au fil des années, de nombreuses personnalités du monde du spectacle apportent leur soutien à la Commune Libre et acquièrent ainsi le titre de citoyens d'honneur. C'est le cas de Fernandel (1937), Maurice Chevalier (1938), Pierre Dac (1939), Darcelys (1938), Gorlett (1945), Roger Nicolas (1949) et Jean Nohain (1950).

 

  5/ UN JOURNAL LOUFOQUE : LE PETIT CASTIL-BLAZE  ♦

 

Organe officiel de la Commune Libre, ce journal paraît pour la première fois en juillet 1937. Édité par l'Imprimerie Mistral, il est distribué gracieusement aux administrés de la place quelques jours avant les festivités dont il détaille le programme complet en pages intérieures. Les éditorialistes ne manquent pas de souligner que « bien que paraissant irrégulièrement, ce journal se veut instructif, désopilant, antidérapant, humoristique, lunatique et anti neurasthénique de la première à la dernière page ».

En 1938, il reçoit le parrainage de « L'Os à Moelle », l'hebdomadaire loufoque créé par l'humoriste Pierre Dac.

Au fil de ses colonnes, les lecteurs prennent connaissance de l'actualité communale traitée de façon humoristique. Ils y découvrent également des petites annonces délirantes, des entretiens farfelus, des reportages extravagants et de nombreuses histoires drôles, reflétant pleinement l'esprit de son illustre parrain. En souscrivant de nombreux encarts publicitaires, les commerçants de la place et de la ville apportent un soutien financier conséquent à sa publication.

Interrompue pendant les années de guerre, la parution du « Petit Castil-Blaze » reprend en 1945 avec Joseph Cerutti comme rédacteur en chef. La dernière édition date de 1950.

 

le-petit-castil-blaze.jpg

une-page-du-journal.jpg

Le Petit Castil-Blaze Une page du journal

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 08:43

orgue-cathedrale-cavaillon.jpegL'association Kabellion propose un concert d'orgue dans le cadre du Jour de l'Orgue en France (à l'initiative d'Orgue en France, qui regroupe plus de 1 000 adhérents, dont notre association, et environ 400 manifestations ce jour-là). Cet évènement national est placé sous l'égide du Ministère de la Culture et de la Communication.

 

Nous accueillerons à la cathédrale Saint-Véran de Cavaillon, le samedi 19 mai à 16 h, quatre organistes d'Orgue en Avignon : Marie Escoffier, Chantal Lamoureux, Frédéric Barrot et Frédéric Monier.

 

Ils interprèteront des œuvres de Mendelssohn et Brahms, ainsi que des pièces à quatre mains de Schubert, Albrechtsberger, Sachsen-Weimar, Verdi et Rossini.

 

Il sera demandé une libre participation aux frais.

 

Dans le même cadre, nous nous associons aux Amis de l'Orgue de Robion qui proposeront le dimanche 20 mai à 17 h, à l'église Notre-Dame de Robion, un concert avec David Sénéquier. Il a choisi des pièces dédiées à la Vierge, qu'il chantera en s'accompagnant à l'orgue. Libre participation aux frais.

le-jour-de-l-orgue.jpg   

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 14:05

joseph-delteil.jpgSamedi 12 mai 2012

Salle Bouscarle à 14 h 30

Conférence Joseph Delteil (1894-1978)

 

Par Gladys Bouchard

 

Cet écrivain languedocien est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages : Le Cœur grec, Le Cygne androgyne, Jeanne d'Arc (Prix Femina), Sur le Fleuve Amour, Choléra... Ses racines paysannes et occitanes en font un personnage à part à Paris qui se lie d'amitié avec les surréalistes. Par la suite, Delteil s'installe dans le Sud près de Montpellier, où il mène jusqu'à sa mort une vie de paysan-écrivain, en compagnie de sa femme, Caroline Dudley, qui fut la créatrice de la Revue Nègre. Son œuvre lui octroie une place originale et anticonformiste dans la littérature française contemporaine, par sa façon de ranimer de grandes figures historiques et par son écriture qui mêle lyrisme épique, réalisme et fantaisie.

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