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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 20:12

Assemblée générale de l’ASPPIV (Association pour la Sauvegarde et la Promotion du Patrimoine Industriel en Vaucluse) aux Archives municipales, dimanche 30 janvier 2011

 

Les Archives municipales accueillaient, ce dimanche 30 janvier, l’assemblée générale de l’association pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine industriel, sous la présidence de Jean-Pierre Locci. L’association Kabellion était représentée par Raymond Escoffier, et ce fut l’occasion de rappeler le long compagnonnage qui unit depuis vingt ans nos deux associations. L’ASPPIV a en effet donné à Cavaillon des conférences, organisé l’un de ses fameux « rallyes découverte », collaboré pour ouvrages ou exposition (Le Vaucluse industriel, Du côté de l’en-tête, etc.).

 

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La séance est ouverte à 10 h 00, par Jean-Pierre Locci, président, Jean Chaubet, secrétaire-général et André Gauthier, trésorier. Jean Chaubet présente le rapport d’activités 2010 :

 

- interventions et actions de diffusion : exposition d’objets et documents à Gigondas, à l’occasion de la parution du cahier sur les eaux thermales de Montmirail (400 visiteurs), exposition peut-être reconduite en 2011 à Vacqueyras ; sortie annuelle de visites de sites industriels (mines d’ocres de Bruoux et lustrerie Mathieu à Gargas) ; salon du livre du patrimoine de Vedène, etc.

 

- Etudes : la 3e tranche de l’inventaire du patrimoine industriel en Vaucluse, diligentée par la DRAC PACA est terminée ; les dossiers réalisés par l’ASPPIV concernaient 42 communes du nord-Vaucluse. 48 sites ont été reconnus comme remarquables dans 20 communes.

L’ASPPIV est à nouveau mandatée en 2011 pour la réalisation de la 4e et dernière tranche (Pays d’Apt, Cavaillon, Pertuis) de cet inventaire. Kabellion est évidemment associée à ce travail, avec les Archives et les Musées de la ville.

 

- Matériels et documentation : les collections de l’association se sont enrichies (dons ou achats) d’une quarantaine de cartes postales anciennes, du fonds d’archives des établissements de bains et source minérale de Montmirail (don), de documents originaux (dont 4 buvards de commerces cavaillonnais (La Belle jardinière (Rayne) ; Radio-TV Brustel ; Confection Blanchet ; Imprimerie Rimbaud)) ; de matériel (boîtes de berlingots, tomettes estampillées, calibreuse, plaque publicitaire…).

 

- Projets : présentation du projet de « Circuits du patrimoine industriel » créés par l’ASPPIV, lors d’une formation DRAC-PACA de guides-conférenciers ; coréalisation avec la DRAC du dossier de classement Monument historique du site de Beauport (ancienne fabrique de poudre de garance) à Vedène ; projet de médiation culturelle autour de l’ancienne minoterie Berthet à Pernes-les-Fontaines...

 

Le trésorier présente ensuite le bilan financier pour 2010. Les rapports sont approuvés par l’AG à l’unanimité. Après des questions diverses nombreuses et un débat animé – il est notamment question du sauvetage des archives des anciennes papeteries de Malaucène (collaboration ASPPIV/Archives départementales), comme du devenir incertain de ce site remarquable ; les membres de l’ASPPIV rappellent le projet de Centre du monde du travail qu’ils proposent, comme pouvant constituer une orientation cohérente pour une réhabilitation à visée patrimoniale et touristique. Les membres rappellent enfin l’importance de l’union des différentes associations patrimoniales vauclusiennes et de la création d’un réseau fort : les réunions régulières devront être réactivées et des actions communes engagées.

 

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L’après-midi est dédiée à la visite du centre ancien, sous la houlette de Nathalie Salles, Médiatrice du patrimoine (Musées de Cavaillon). De l’Arc romain à la carrière juive – découverte émerveillée de la synagogue – en passant par le quartier cathédral, Nathalie a régalé nos hôtes de deux heures et demi d’une visite inspirée, érudite et très cordiale… Tout le monde est reparti en se promettant de revenir aux beaux jours à la découverte de Cavaillon.

 

Note

L’association pour la Sauvegarde et la Promotion du Patrimoine Industriel en Vaucluse (ASPPIV, Maison IV de chiffre, 26 rue des Teinturiers, 84000 Avignon) est née en 1983 pour faire connaître et protéger un patrimoine industriel riche, varié, à la fois mémoire de notre civilisation industrielle et témoin de la vie économique vauclusienne. Elle compte 140 adhérents.

 

L’association publie des cahiers semestriels présentant des articles de fond et des monographies ; elle a en outre publié plusieurs ouvrages qui font aujourd’hui référence sur : les fonderies ; les industries dans le canton d'Apt au XIXème siècle ; le Vaucluse Industriel ; les cartonnages de Valréas ; les moulins de la combe de Véroncle (entre Gordes et Murs) ; l’exploitation des ressources minérales ; Philippe de Girard...

 

Archives municipales de Cavaillon

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 16:27

signaletique-patrimoniale-de-cavaillon.jpgKabellion l’appelait depuis longtemps de ses vœux, les professionnels du patrimoine et du tourisme aussi : elle est enfin là. Depuis plus d’un an, l’ouvrage est sur le métier, peaufiné par les services de la ville sous la houlette d’Annie Stoyanov, Adjointe déléguée à la culture, au patrimoine et au tourisme.


En effet - Kabellion le sait bien - le patrimoine cavaillonnais peine à se faire reconnaître du grand public, malgré 26 siècles d’histoire qui ont, chacun, laissé leur trace - modeste ou prestigieuse, architecturale ou immatérielle. C’est pourquoi la Ville a souhaité se doter d’un véritable outil d’interprétation du patrimoine local au service des touristes comme au service des Cavaillonnais.

 

Confié à l’agence Altitudes développement (Lyon) – qui a notamment réalisé la signalétique patrimoniale de Nîmes – le mobilier prévu consiste en 23 totems (1,70 m sur 0,5 m) en aluminium laqué et sérigraphié qui jalonnent les sites remarquables de la ville. Un panneau général, situé devant l’Office de tourisme, présente l’histoire du développement urbain depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, ainsi que le plan des sites à découvrir.


Conçu en étroite collaboration entre les Archives et les Musées, chaque totem offre un texte court et sa traduction anglaise (Office de Tourisme), ainsi que 3 illustrations issues des fonds patrimoniaux et d’une commande photographique spécifique.


Ces éléments s’égrènent à travers la cité, pointant les lieux remarquables : siège du pouvoir (ancien évêché, hôtel de ville), marqueurs économiques (canal Saint-Julien, avenue de la Gare), joyaux architecturaux (cathédrale N.-D. et Saint-Véran, synagogue, N.-D. des Vignères) ou lieux emblématiques d’une spécificité cavaillonnaise (place du Clos, rue Hébraïque). L’installation de 2 panneaux (cours Gambetta et Canaù) ne sera effectuée qu’à l’issue des travaux d’aménagement prévus pour ces deux sites. Au détour des rues, sur les places – et jusqu’à l’autre bout du terroir, ces panneaux déroulent la foisonnante histoire de notre ville qui fait encore trop souvent office de belle muette aux yeux des touristes.


Mais cette signalétique s’adresse tant aux visiteurs extérieurs qu’aux Cavaillonnais en donnant à ces derniers l’occasion de découvrir leur ville sous un angle renouvelé. Mis en valeur par une signalétique qui structure et aménage l’espace urbain autant que par un mobilier alliant esthétique et discrétion, les sites ainsi distingués appellent le passant, le promeneur, le curieux, en l’incitant à une autre lecture d’un espace déjà familier. Cette signalétique met au jour les merveilles de notre patrimoine, conte mille et une histoires de la cité cavare, et permet que le Cavaillonnais d’aujourd’hui s’approprie le riche passé de sa ville avec une légitime fierté. Elle l’invite aussi à convier ses proches, ou des hôtes de passage, à une promenade patrimoniale de qualité.


Des mystères de l’arc romain aux splendeurs des maîtres de la cathédrale ; du dragon de saint Véran à Cabassole, le diplomate « européen » ; du vénérable canal Saint-Julien à l’avenue de la Gare et de la carrière juive à la célèbre place du Clos… autant de marques tangibles de cette belle histoire, enfin révélée, que nous vous invitons à découvrir !

 

Archives municipales de Cavaillon

 

Les Totems sur le site d'Altitudes Développement

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 15:52

Au Moyen-Âge, les remparts percés de portes enserrent Cavaillon ; celle de la Couronne s’ouvre en face d’un chemin qui conduit vers les villages du Luberon.

 

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Au XVIe siècle, elle sera fortifiée avec cloche, corps de garde ; des anneaux de fer retiennent les chaînes du pont-levis.

Au XVIIe siècle, une croix est érigée au centre de la place. (D’après Michel Jouve, la croix se trouve à l’église et le piédestal a été posé au cimetière.) Une chapelle se trouve en face de la porte, Saint-Sixte (café de la Fourmi).

Au XVIIIe, la place prend forme avec son esplanade surélevée ; les futurs cours se dessinent par le comblement des fossés. L’endroit prend alors le nom de « Place d’Armes ».

En 1731, un tremblement de terre ébranle la porte qui sera abattue.

 

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Au XIXe siècle, le marché traditionnel du lundi y accueille les moutons et les chevreaux ; des investisseurs créent des auberges. D’accès facile, cette vaste esplanade reçoit le bureau d’octroi. La place devient vite un lieu de rassemblement.

Sous la IIIe République, elle servira pour les fêtes (bals, concerts, feux d’artifice). La place prend le nom de « Léon Gambetta » en 1877, avant de recevoir son monument 30 ans plus tard.

En 1904, un conflit oppose Véran Rousset à François Blanchet, à propos de l’installation de water-closets.

Au fil du temps, la place prendra sa forme définitive, avec la construction de la Charité (XVIIIe), de l’hôtel Moderne et le percement de l’avenue Paul Doumer pour rejoindre la gare (XIXe).

En 1962, un polyèdre remplace le monument Gambetta fondu en 1943.

 

Jean Giroud

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 15:36

Rendez-vous autour du Moyen-Âge

Médiathèque La Durance - Cavaillon

Exposition du 27 avril au 2 juin 2012

Concert du 11 mai 2012

En savoir +

 

Regards croisés sur l'Afrique

Expositions, projections, ateliers...

Du 6 mars au 6 avril 2012

En savoir +


Chants sacrés gitans en Provence

Samedi 10 décembre 2011

En savoir +

 

Les « docu » font le mur

Du 12 au 27 novembre 2011

En savoir +

 

Médiathèque Intercommunale La Durance

60, rue Véran Rousset

84300 Cavaillon

 

Tél. 04.90.76.21.48

Fax 04.90.78.06.71

 

Mardi : 13 h-19 h
Mercredi et samedi : 10 h-18 h
Jeudi : 13 h-18 h (16 h-18 h Jeunesse)
Vendredi : 13 h-18 h 

 

La Médiathèque sur le site de la CCPLD

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 05:00

Regard d'hier : avant la guerre de 14 (carte postale Roux Fortuné, Cavaillon)

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Cliché pris depuis l'intersection de l'Avenue de la Gare avec la Chaussée du Pont. 
On reconnaît aisément les lieux, à gauche, l'immeuble du Bitter Africain, puis un vaste terrain non encore bâti, et dans le fond, entre les feuillages, on distingue la gare.

Regard d'aujourd'hui : photographie prise le 20 octobre 2011

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L'Avenue de la Gare porte depuis les années 1920 le nom du maréchal Joffre, vainqueur de la première bataille de la Marne, et la Route du Pont est devenue l'Avenue de Verdun.
Les platanes ont bien grandi, et sur les trottoirs les automobiles ont remplacé les carrioles d'antan.
A gauche, dans le prolongement du Bitter Africain, furent édifiés entre les deux guerres la Banque de France, devenue depuis la Caisse de Crédit Agricole, et le cinéma La Cigale.
A droite, la petite devanture "Belle Époque" a résisté aux changements de mode. Un peu plus loin, présence de deux immeubles modernes construits dans les années 1960/70.

Un peu d'histoire
Large de 19 mètres, l'Avenue de la Gare est une création de la fin du XIXe siècle.
Le projet de lotissement fut voté en 1869 sous le mandat de Félix de Crousnilhon ; il souleva une très vive polémique.
Pour plus détails, se référer au livre de Jean Giroud Cavaillon et ses maires, page 141.

 

Robert Sadaillan

Octobre 2011

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 05:00

Bulletin n° 13 

Octobre 2011

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Bulletin n° 12

Mai 2011

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Bulletin n° 11

Février 2011

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Bulletin n° 10

Octobre 2010

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Bulletin n° 9

Mai 2010

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Bulletin n° 8

Février 2010

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Bulletin n° 7

Octobre 2009

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Bulletin n° 6

Mai 2009

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Bulletin n° 5

Février 2009

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Bulletin n° 4

Octobre 2008

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Bulletin n° 3

Mai 2008

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Bulletin n° 2

Février 2008

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Bulletin n° 1

Octobre 2007

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 05:00

histoire-rues-quartiers-cavaillon.jpg Notre cité vieille de deux millénaires, longtemps enfermée dans ses remparts, était sillonnée de rues, ruelles et traverses. De nombreux bâtiments religieux y étaient édifiés. Des places accueillaient commerces et marchés. Des familles nobles y construisaient des hôtels particuliers.

 

Pour ne point se perdre dans ce dédale, des noms sont donnés aux voies serpentant entre les « isles », en référence aux activités du quartier. Puis la Révolution gomme toutes les évocations religieuses pour laisser la place aux grands démocrates de l'Antiquité. La politique anticléricale du début du XXe siècle s'applique à mettre à l'honneur les fondateurs de la République.


Que nous reste-t-il de cette longue histoire ? Jean Giroud nous entraîne en piéton curieux, à la recherche du passé des rues de la vieille ville et des quartiers limitrophes. On y découvrira des détails, des anecdotes, dans un parcours abondamment illustré de cartes postales anciennes.

 

Jean Giroud

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 05:00

Jeudi 27 octobre 2011

Photos de Michel Ourson

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 05:00

Pour connaître la façon de vivre de nos aïeux, nous disposons d'une riche source d'informations, la presse locale, particulièrement riche en titres aux XIXe et XXe siècles. J'ai récemment feuilleté « La Farandole », hebdomadaire avignonais, paru entre octobre 1912 et juillet 1914, qui donne de précieux renseignements sur la vie mondaine, artistique et littéraire du département de Vaucluse. Je fus surpris de l'assez grand nombre d'articles consacrés à un sport présenté comme nouveau, les courses d'ânes. Durant cette brève période, des asinodromes (mot formé d'asinus : âne, et de dromos : piste) poussèrent, tels champignons en septembre, à Avignon, Carpentras, Orange, Saint-Rémy, L’Isle, Salon, Châteaurenard, Cavaillon.

 

Dans cette dernière ville, la piste où se produisaient les aimables quadrupèdes se trouvait au quartier de la Clède.

Les épreuves étaient variées :
- course plate, sur 750 mètres ;
- course d’ânes attelés, sur la même distance ;
- course de haies ;
- course d’endurance ; etc.
Des rencontres étaient également organisées pour des mulets, ânesses, petits chevaux et poneys.
Comme dans beaucoup de sports, les préoccupations et répercussions économiques n’étaient pas absentes (déjà !) :
- les courses étaient dotées de prix ;
- elles faisaient l’objet de paris ;
- partie des recettes étaient versées aux bureaux de bienfaisance ou aux fourneaux économiques (les ancêtres des restaurants du coeur) ;
- enfin, cabaretiers et autres commerçants devaient profiter de l’afflux d’amateurs.
Cet engouement semble ne pas avoir duré longtemps. Peut-être le caractère un peu fantasque de l’âne en fut-il la cause. Dans un compte-rendu d’une course à Avignon, reproduit ci-dessous, on peut voir que ces courses étaient sans doute riches en péripéties. Peut-être aussi les parieurs se lassèrent vite d’animaux aussi imprévisibles.
Il n’en reste pas moins que, pendant quelque temps, alors qu’allait éclater la première guerre mondiale, Apollon, Fayau, Kébir, et autres Gazelle firent la joie des petits et des grands.

 

Jean-Louis Charvet

 

ANNEXES

 
I. Extrait de La Farandole du mardi 22 octobre 1912

LES SPORTS
INAUGURATION DE L'ASINODROME (Avignon)

Quelle agréable après-midi : un soleil radieux, un décor charmant d'arbres dorés par l'automne ; dans l'enceinte une foule joyeuse, alerte, sans cesse en mouvement. Au pesage, les ânes, nombreux ma foi, étaient entourés, flattés. Quelques-uns exhibaient fièrement des harnais tout neufs. D'autres traînaient, à l'aide de cordes, des voitures rustiques, parfois même inachevées.

Les jockeys manquaient d'élégance dans leur costume fané. L'un d'eux s'était contenté d'une écharpe rouge sur une chemise bleue. Impayables d'ailleurs, ces jockeys, avec leurs longues jambes qu'ils ne savaient pas où caser. Deux s'attirèrent la faveur du public : l'un tout blond, tout petit, dix ans peutêtre, est arrivé second dans la première course, traîné par Flor-Fina ; l'autre, brun, à peine plus âgé, s'est adjugé la même place dans la troisième et la cinquième épreuve où il a dépassé au dernier tour deux rudes coureurs.

L'hilarité du public a été fréquemment excitée par les ânes. Tantôt ils se dérobaient devant une haie ; tantôt ils entraient en lutte avec la barrière, ou bien encore, faisant un brusque tête à queue, ils déposaient leurs cavaliers sur le gazon rare. La troisième course a fini d'une manière impayable : les premiers coureurs arrivés au poteau se mêlèrent aux derniers achevant paisiblement leur avant dernier tour.
La Philharmonique avignonaise a exécuté quelques-uns de ses plus jolis morceaux durant cette solennité sportive, à laquelle rien n'a manqué, pas même les surprises au pari mutuel : un des ânes, Pompon, n'a-t-il pas rapporté à la quatrième course, 125 fr. à ses heureux partisans ?

 

II. Extrait de La Farandole du mardi 12 novembre 1912

ASINODROME
Cavaillon

Voici les résultats des courses du 3 Novembre à l'Asinodrome de la Cléde.
Prix d'Ouverture. 70 fr. Distance : 1 200 mètres ; pour ânes et ânesses. Trot monté ou attelé, allure libre.
1. Marcel ; 2. Raoul.
Pari Mutuel : Gagnant : 54 fr. ; Placés : 6 fr. 50, 6 fr. 50.
Prix du Luberon. 100 fr. Distance : 2 500 mètres ; pour ânes et ânesses. Trot monté ou attelé.
1. Gazelle ; 2. Perlette.
Pari Mutuel : Gagnant : 6 fr. 50, Placés : 5 fr. 50, 6 fr.
Prix de Saint Jacques. 70 fr. Distance : 900 mètres.
1. Raoul ; 2. Fayau Vert.
Pari Mutuel : Gagnant : 10 fr. 50 ; Placés : 5 fr. 50, 9 fr. 50.
Prix de la Cléde. 80 fr. Pour mules et mulets. Distance 2 000 mètres.
1. Poulet ; 2. Vol-au-Vent ; 3. Appolon.
Pari Mutuel : Gagnant : 13 fr. ; Placés : 7 fr., 7 fr., 9 fr.
Prix des Dames. Pour chevaux et juments. Trot monté ou attelé. Distance 2 000 mètres.
1. Arthur ; 2. Muguet ; 3. Kebir.
Pari Mutuel : Gagnant : 10 fr. ; Placés : 5 fr., 5 fr., 5 fr.50.


Note : pour donner une idée de la valeur des prix, j’indique que l’abonnement annuel à l’hebdomadaire La Farandole coûtait 8 francs.

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 05:00

chapelle-des-vigneres-01.jpgEglise rurale

Antiquité tardive - XIe-XIIe s.


Sondages, étude du bâti


Après une première phase de travaux consacrés à la réfection de la couverture de la chapelle (classée Monument Historique depuis 1982), la seconde étape prévoit la restauration des façades et des élévations intérieures. Au préalable, la ville de Cavaillon, propriétaire des lieux, et l’architecte en chef des Monuments Historiques ont sollicité le Service d’Archéologie du Département du Vaucluse afin de procéder à une étude complémentaire. La première évocation du lieu figure dans un acte de 1065, relatant un legs fait aux chanoines de Notre-Dame des Doms, d’une terre située à Lavenairolas, l’ancien toponyme du hameau des Vignères (1). Ce n’est qu’en 1216 qu’apparaît la mention d’une ecclesie de Leveneriis, dans un testament dressé par Giraud Amic, un puissant seigneur local désirant faire un don aux églises implantées sur sa seigneurie (2).


chapelle-des-vigneres-02.jpgEn 1320, le pape Jean XXII rattache la chapelle et quelques territoires alentours, à la chartreuse de Bonpas fondée en 1318 (3). L’édifice aurait fait l’objet de travaux au XVe s. puis au début du XVIIe s. (4). Aujourd’hui, cette petite chapelle romane présente une nef à deux travées se prolongeant par une abside voûtée en cul-de-four, dont l’opulence du décor sculpté contraste avec la sobriété du vaisseau principal couvert d’une simple voûte en berceau brisé. A l’extrémité orientale du mur gouttereau sud, un passage conduit dans une chapelle secondaire parée d’une absidiole en cul-de-four, et, à l’extrémité ouest, une porte en plein-cintre ouvre dans un porche roman, qui offre un exemple rare d’entrée monumentale pour un édifice de faible superficie. Du côté nord, seules deux chapelles latérales s’étendent entre les contreforts de la nef. L’ensemble forme une composition cohérente d’apparence assez modeste, qui témoigne néanmoins d’une longue évolution architecturale. En effet, l’église dont la nef originelle devait être charpentée, s’est élevée vers l’extrême fin du XIe s., contre une construction plus ancienne localisée à l’emplacement de la chapelle annexe.


chapelle-des-vigneres-03.jpgDans la première moitié du XIIe s., sa façade méridionale reçoit un porche richement décoré, plaqué contre la chapelle secondaire. Les derniers grands réaménagements ont lieu vers la fin du XIIe s., lorsque la couverture de la nef laisse place à une voûte appareillée, contrebutée par de puissants contreforts. Au XIXe s., deux chapelles latérales s’installeront entre ces contreforts nord. Par ailleurs, quatre sondages archéologiques ont été réalisés à l’intérieur de l’édifice et trois contre les façades. Les sondages extérieurs qui sont restés superficiels, n’ont pas apporté de renseignement substantiels, en dehors de la position du niveau de circulation externe qui n’a pas véritablement subi de modifications depuis le XIIe s. En revanche, les investigations menées à l’intérieur du bâtiment se sont avérées particulièrement enrichissantes. Elles ont confirmé que les niveaux de sol n’ont quasiment pas évolué entre le XIe et le XVIIe s., ce qui dans le cadre des restaurations futures permettra de restituer au bâtiment ses volumes d’origine. Elles ont surtout livré des informations de nature plus complexe, qui s’orientent vers d’intéressantes pistes de recherches portant sur la genèse et les fonctions attribuables au lieu. Sont apparus divers blocs antiques paraissant réemployés dans une construction préexistante à l’église du XIe s., et plusieurs niveaux de sol antérieurs aux élévations actuelles. Différents niveaux de sépultures, dont un sarcophage mis en place avant la construction de la chapelle primitive, ont été également identifiés.

 

Pour l’instant, ces connaissances partielles soulèvent plus d’interrogations qu’elles n’apportent de réelles réponses. Toutefois, ces éléments rapprochés des découvertes réalisées lors de fouilles menées l’année précédente, dans une propriété voisine semblent témoigner en faveur d’une très ancienne et importante vocation funéraire du site, peut-être dès l’Antiquité tardive ou le haut Moyen-Âge.


Nelly Duverger

Décembre 2008

 

Bibliographie


(1) Duprat (E.) - Cartulaire du chapitre de Notre-Dame des Doms, T. I, 1060 à 1263, Avignon, Musée Calvet, 1932, p. 34

(2) Duprat (E.) - Testament de Giraud Amic, dans Annales d’Avignon et du Comtat Venaissin, Société des recherches historiques de Vaucluse, J. Roumanille, Avignon, 1912, p. 163

(3) Gros (A.) - La chartreuse de Bonpas, Essai d’histoire locale, Aubanel, Avignon, 1995, p. 23-24

(4) Bailly (R.) - Répertoire des prieurés, chapelles, abbayes du département de Vaucluse, dans Mémoires de l’Académie de Vaucluse, T. X, 1965-1966, Aubanel, Avignon, 1966, p. 102

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